« The Lighthouse » est un long-métrage « horrifique » réalisé par Robert Eggers et sorti en 2019.

Il met en scène deux gardiens de phare qui doivent vivre ensemble pendant quatre mois dans une zone éloignée de toute civilisation. Entre jalousie, état d’âme et cachotterie, les deux hommes vont vivre une expérience particulièrement dévastatrice…

Willem Dafoe (Spider-man, Platoon) interprète le rôle de Thomas Wake. Il partage l’affiche avec Robert Pattinson (Tenet, The Lost City of Z) qui se fond dans la peau d’Ephraim Winslow.

Le long-métrage a été récompensé au Festival de Cannes 2019 avec le prix FIPRESCI (pour soutenir le cinéma de genre, risqué, original et personnel) ainsi qu’au Festival de Deauville (toujours en 2019) avec le prix du jury.

Il a également été nommé aux Oscars et BAFTA 2020 pour la Meilleure photographie.

Synopsis :

Dans le dernier tiers du XIXe siècle aux États-Unis, deux gardiens de phare viennent relever l’équipe précédente sur un îlot éloigné des terres, au large de la Nouvelle-Angleterre. Ils doivent y rester quatre semaines mais la tempête empêchera le bateau de venir les chercher. Le chef de phare est très autoritaire et se réserve l’accès à la lampe du phare, où il cache peut-être un secret que son assistant voudrait connaître. Celui-ci effectue sa première mission et découvre le métier, mais le chef le cantonne aux plus basses besognes. Il a cependant lui aussi un secret et pourrait ne pas être celui qu’il prétend. Il est en outre en proie à des cauchemars et à des hallucinations, et est hanté par ses visions, en particulier celle d’une sirène.

Leur relation se détériore progressivement entre rapports hiérarchiques tendus, beuveries joyeuses, bagarres violentes, imprécations et confidences, sur un îlot bientôt battu par la tempête.

(Source : Wikipédia)

Mon avis :

Ce film est dingue ! Franchement, j’ai adoré. Et la réalisation est magnifique. Le format d’image est assez inhabituel par rapport à ce qu’on voit depuis de nombreuses années.

Pour commencer, c’est essentiellement en noir et blanc. Une pellicule Double-X (qui permet d’exploiter des environnements avec une faible luminosité, et ainsi ouvrir la profondeur de champ) pour la majorité du long-métrage ainsi qu’un format 1.19/1 (couramment appelé Movietone rapport) qui se rapproche d’un carré parfait, brièvement utilisé dans les années 20/30. On retrouve une piste audio cohérente avec le visuel. Plutôt assourdi et brouillonne. On reconnaît à peine la voix de Thomas Roditi (doubleur officiel de Robert Pattinson) lors de ses premières répliques. Par contre, c’est du génie d’utiliser une corne de brume afin de créer une ambiance malsaine et horrifique à l’oeuvre.

Sous son aspect « vieillot », « The Lighthouse » a été minutieusement pensé et réalisé. Le costume des personnages a été étudié par rapport à leur histoire et l’époque du récit. Du sur-mesure ! Idem pour les décors. Robert Eggers a été jusqu’à demander à son chef décorateur de construire un phare, grandeur nature, spécialement pour le tournage.

Concernant la mise en scène, c’est magique. Dès le départ, on découvre nos deux gardiens, face à la caméra, l’un à côté de l’autre (même si le personnage de Willem Dafoe est un peu en retrait) et leurs yeux sont fixés sur nous. Le plan dure une bonne minute avant qu’ils ne décident à quitter le champ. C’est perturbant, mais drôle. Régulièrement, le personnage de Robert Pattinson semblera nous sonder du regard.

L’utilisation des décors est excellente. Le réalisateur trompe le spectateur avec certains effets très réussis. Et même si on peut être surpris par les décors extérieurs, on est parfaitement plongé dans l’ambiance oppressante du long-métrage.

Les personnages sont géniaux, Willem Dafoe incarne un vieil homme aigri et autoritaire. Il a l’habitude d’effectuer cette tâche ingrate de veiller sur le phare. Celui, qu’on appellera Thomas, possède un secret ! Il est le seul a pouvoir monter au sommet du bâtiment, là où la lumière brille intensément. Il possède sa propre routine et fait sa vie en solitaire, tout en essayant de dévergonder son alter ego lorsqu’il est saoul. Mais le vieillard est très exigeant, quitte à sérieusement taper sur les nerfs de son collègue de travail.

De son côté, Ephraim est jeune. Il teste différents métiers afin de trouver sa voie. Récemment bûcheron au Canada, il décide de s’exiler dans ce phare de la Nouvelle-Angleterre. Mais, que vient-il faire dans cette galère ? Le jeune homme a beaucoup d’envie et d’entrain, mais cache également un lourd secret. Et ses discussions avec Thomas sont généralement assez tendues. Ce dernier est extrêmement dur avec lui et le rabaisse sans la moindre once de pitié. De plus, Ephraim est particulièrement intrigué par le secret de Thomas. Et ensemble, dans cette prison, les deux hommes vont se détester (se haïr même), se jalouser, s’aimer et même se confier…

Le temps va jouer un rôle important dans leur relation. L’un aura une vie ardue et verra son âme noircir au contact de son « fainéant » aîné. Tandis que l’autre profitera de son ascendant psychologique pour pousser son partenaire à sombrer dans la folie.

Certains moments sont tout de même assez bizarres et gênants à regarder. Et le final est particulièrement symbolique !

Le mot de la fin :

Franchement, j’ai été agréablement surpris par « The Lighthouse ». Il faut avoir l’esprit ouvert pour regarder ce genre de film. Le format peut rebuter, mais cela sied bien à l’ambiance globale du récit. Dire qu’il est horrifique n’est pas totalement correct. Mais je pense qu’il peut tout de même plaire à un public assez large, à partir du moment où la personne aime le cinéma et sait dans quoi elle met les pieds.

En tout cas, à consommer sans modération !

Rédacteur : Florent V.


10 commentaires »

  1. Je n’avais pas vraiment aimé quand je l’ai vu au cinéma, et pourtant j’avais été conquis par »The VVitch », le précédent film d’Eggers. J’avoue que ta critique me donne envie de lui redonner une chance.

  2. C’est un film qui me faisait clairement de l’œil, j’aime l’originalité et autant dire qu’avec un tel avis, je ne peux plus passer à côté !

  3. Un de mes coups de coeur de la fin d’année 2019 (ça paraît si loin maintenant…) ! Un superbe travail esthétique qui instaure Eggers comme un maître de l’horreur atmosphérique.
    Tu mentionnes le doubleur de Pattinson, j’en déduis que tu l’as vu en VF ; quel dommage ! Quand il y a un tel travail langagier de la part des acteurs originaux – surtout Dafoe, qui baragouine son patois maritime avec un accent à couper au couteau, du meilleur effet 😀

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