Note : 4 sur 5.

« Tenet » est un film d’action/espionnage réalisé par Christopher NolanInterstellar », « The Dark Knight »). Il est sorti le 26 août 2020.

Comment éviter une troisième guerre mondiale quand on a un coup de retard ? En inversant le temps ! Mais pour cela, notre protagoniste va devoir apprendre à découvrir ce précepte, et à le maîtriser.

John David WashingtonMalcolm X », « BlackKklansman ») est la tête d’affiche du long-métrage. Il est secondé par Robert PattinsonThe Lost City of Z », « De l’eau pour les éléphants ») et Elizabeth DebickiGatsby le Magnifique », « Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 »).

Il est le dixième long-métrage du réalisateur britannique.

Synopsis :

Alors que notre protagoniste pensait mourir, il se trouve embarqué dans une nouvelle mission afin de sauver le monde.

C’est avec l’aide de Neil, un autre agent, qu’il va devoir éviter une catastrophe mondiale. Avec peu d’informations, il remonte une piste qui le mène à un richissime magnat russe. Il découvre alors que certains éléments lui ont été cachés et qu’il va devoir manipuler le temps afin d’arriver à ses fins.

Mais les conséquences d’une telle action peuvent être irrémédiables…

Mon avis :

« Tenet » est un film inclassable ! Est-ce qu’il va sauver le cinéma mondial ? Oui et non ! On y reviendra…

On va être clair, ce n’est pas mon Nolan préféré. Mais c’est un film qui a besoin d’être longuement mûri avant qu’on puisse se forger un réel avis définitif. Il est évident que vous lisez actuellement une critique à chaud. Mon avis est subjectif et s’affinera avec le temps. Et je vous encourage à vous faire votre propre opinion sur ce métrage. Mais si je peux vous convaincre de vous déplacer dans nos salles obscures, j’en serais ravi !

C’est un très grand film ! La première partie est longue et difficile à comprendre, car Nolan garde ses révélations pour la suite. L’introduction est démente. À l’instar d’un « The Dark Knight », les premières minutes nous donnent le ton d’un long-métrage qui va marquer son temps. La bande originale de Ludwig Göransson se veut immédiatement percussive et agressive avec un personnage principal qui « échoue » dans sa mission du jour, à l’intérieur d’un opéra plein à craquer et suite à une intervention explosive.

Dans la foulée de cette séquence intense, on entre dans le vif du sujet avec la nouvelle mission qui est confiée au personnage, l’explication du mot « Tenet », les premières « images inversées ». Le protagoniste prend une arme, vise, tire et la balle revient dans le barillet. Du déjà vu dans les différentes bandes-annonces, et j’essaye de ne pas en dire davantage. À l’écran, c’est impressionnant ! Et ce n’est que le début…

On comprend assez rapidement que le but est d’éviter une troisième guerre mondiale qui réduirait à néant l’espèce humaine et tout ce qui lui est lié. Il rencontre alors Neil, un agent qui va l’aider dans sa tâche. Ensemble, ils vont mener une enquête rapide et efficace afin de remonter jusqu’à la source du danger. Sauf qu’au fur et à mesure des heures, notre protagoniste fait face à des évènements qui le dépassent et qui lui font comprendre que la situation est bien plus complexe qu’il ne le pense. Mué en agent secret/infiltré, il se trouve pris dans un engrenage improbable où sa perception du temps est inversée. Les séquences sont de plus en plus impressionnantes ! On passe d’un saut à l’élastique sur un immeuble, à des phases d’infiltrations rondement bien menées. D’ailleurs, les chorégraphies de combat sont très bien mises en scène, avec beaucoup d’intensité et de réalisme.

La seconde partie du long-métrage est beaucoup plus stressante et spectaculaire que la première. Cela débute par une séquence totalement incompréhensible bercée de bleu et de rouge qui donne un sacré mal de crâne. Dans la foulée, on commence à enfin comprendre, en même temps que le personnage principal, le principe du film. Et c’est dément !

Le travail de montage est extraordinaire, les effets spéciaux sont invisibles à l’écran. Est-ce une prouesse technique ? Clairement. J’aimerais être une petite souris pour voir comment Nolan à fait pour avoir un rendu aussi réaliste pour quelque chose qui se veut contre nature. Le méchant de l’histoire est sacrément malin, à défaut d’être excellemment bien écrit. On est plongé dans une course à travers le temps.

Spoiler minime

D’habitude, dans ce genre de film, un personnage passe d’un point B à un point A de façon directe. Ici, celui-ci va traverser le temps du point B vers le point A avec le risque de s’y perdre ou de rencontrer son double. Le temps passe à la même vitesse, mais à l’envers (comme un rembobinage de cassette).

Je n’ai pas réellement compris le climax final. J’en ai saisi sa finalité, ses enjeux, mais j’ai trouvé ça assez illisible avec la fameuse volonté de Nolan de nous montrer trois actions différentes en simultané (voir critique de « The Dark Knight »). Par contre, j’ai beaucoup aimé la dernière scène qui me fait intimement espérer une potentielle suite, voir même (pourquoi pas) une saga !

D’ailleurs, Thibault L, rédacteur de certaines critiques sur le site (« Whiplash », « Les Indestructibles 2 »), m’a fait remarquer que la violence était, en général, suggérée par Nolan. Effectivement, à de nombreuses reprises, ce dernier à fait le choix de ne montrer aucune scène choquante à l’image.

Si je dois être totalement honnête, je trouve que « Tenet » manque de séquences épiques et d’émotion. Alors certes, c’est impressionnant, stressant. Ça en met plein les yeux, les oreilles, et on en ressort avec des étoiles dans la tête. Néanmoins, je trouve que les personnages ne sont pas assez approfondis ce qui nous empêche de s’y attacher. Et c’est ce qui me fait réellement penser que c’est le début d’une longue histoire. Ce film ne peut pas être un « one-shot ». Je n’y crois pas, sinon ce serait décevant. 

Les acteurs sont très bons. John David Washington commence à se créer une jolie filmographie. Lui qui a toujours eu la crainte de rester dans l’ombre de son père, il peut être fier de lui. Robert Pattinson possède un rôle bien plus grand que ce que je ne pensais. Il est crédible dans la peau d’un Neil très énigmatique. Un rôle très éloigné de son futur « Bruce Wayne/Batman ». Elizabeth Debicki possède un bon potentiel, mais reste tout de même très froide pendant l’intégralité du long-métrage. Elle incarne une jeune femme prisonnière de son mari, rongée par la haine. Un peu de nuance aurait rendu sa prestation parfaite. J’ai parlé de Kenneth Branagh tout à l’heure, un peu trop caricatural malheureusement. J’ai eu plaisir à revoir Michael Caine et Aaron Taylor-Johnson.

Si vous êtes fan du réalisateur, vous allez être comblés. Sa patte artistique est bien présente du début à la fin du film. On retrouve les fameux plans larges au-dessus de la ville à la « Batman Begins », sa relation avec le « temps », comme dans « Memento », « Inception » ou encore « Interstellar ». Il l’aura exploité dans tous les sens désormais ! Les couleurs sont assez froides, beaucoup de bleu et de gris, avec parfois quelques nuances de rouge (notamment pour suggérer le danger).

Dernière chose, j’ai été satisfait du travail de Göransson sur la bande originale. Il s’est inspiré du travail de Zimmer sur les films précédents et apporte sa patte pour des morceaux palpitants. Dommage qu’il n’y ai pas de véritable thème qui se détache du film.

Alors ? « Tenet » va-t-il sauver le cinéma mondial ? Oui, parce qu’il n’a aucune concurrence, qu’il va créer beaucoup de débats et qu’on en entend sans cesse parler (campagne publicitaire insensée). Il est extraordinaire et révolutionnaire. Par contre, ce n’est pas un « film tout public » !

Il se rapproche davantage d’un « Interstellar » que d’un « Inception ». Très complexe, sa première heure peut en faire lâcher plus d’un. À conseiller à un public averti !


Partie spoilers :

Je me pose pas mal de question sur le film. Ce serait intéressant d’en partager quelques-unes avec vous. J’ai pu discuter avec mes amis (qui ont vu le film) ce qui m’a permis d’enrichir cette réflexion.

A la fin du long-métrage, Neil dévoile connaître notre protagoniste depuis de nombreuses années (et donc, on repense à la scène où il lui commande à boire au début du film). On peut donc en déduire qu’il vient du futur. Mais si c’est le cas, où se trouve le Neil du présent ? À moins qu’il n’ait été remplacé au moment du climax final (le sac à dos? donc mort ?)

Idem, on sait désormais qu’Andrei Sator (le magnat russe) est mort dans le présent. Mais qui sait s’il n’a pas un double « du futur » qui se promène dangereusement dans le présent ? D’ailleurs, on nous promettait des conséquences dramatiques si ce dernier mourait avant le feu vert d’Hamir. Et ce ne fut pas le cas. Quelqu’un à une explication ? Mais je crois que mon cerveau a raté pas mal d’information sur le final…

Toujours dans le climax, on voit des bâtiments détruits se reconstruire (ce qui est logique puisqu’on remonte le temps), et être immédiatement re-détruit par l’équipe rouge. Pour quelle raison ?

J’aurais également pensé que le film revienne sur la scène initiale de l’opéra, notamment quand le protagoniste est sauvé par un « soldat » de l’impact d’une balle inversée. Était ce sont double ? Ou Neil ?

Pour moi, « Tenet » a un potentiel impressionnant. C’est impossible d’avoir saisi l’intégralité des nuances en un seul visionnage. J’ai hâte de le revoir, d’être attentif à la première partie du film, et de voir nos personnages inversés en arrière-plan…


Le mot final :

J’ai besoin de revoir ce film avant de me prononcer définitivement. J’ai beaucoup aimé « Tenet » même si je lui trouve quelques défauts (les personnages, le manque d’émotions…). J’ai connu Christopher Nolan plus viscéral ! Néanmoins, ce long-métrage est insensé. Complètement fou et incroyable à la fois. Il faut le voir, tout étant averti du type de film.

N’y allez pas avec vos enfants ni avec des personnes qui renient le cinéma. C’est du grand Art !

Rédacteur : Florent V.

9 commentaires »

  1. Il faut reconnaître que Tenet obtient la palmé de la complexité haut la main car, l’ayant vu deux fois, je ne peux pas répondre à toutes les questions que tu poses en fin d’article.
    Dans ton texte, tu évoques tous les liens avec les autres films de Nolan dont Tenet serait en quelque sorte la somme. C’est assez réussi pour être souligné, un projet qui néanmoins sacrifié l’émotion pure (même si j’ai trouvé un peu de réconfort chez la sublime Elizabeth Debicki).
    C’est évidemment un film à voir en salle, tu fais bien d’insister sur ce point, dans les meilleures conditions possibles. J’ai testé en premier la VO avec un son colossal. C’était puissant. Le deuxième visionnage fut en VF, ça pique les oreilles (surtout Sator avec son accent grotesque) et le son était moins percutant. C’est un film qui doit s’écouter fort, pour profiter pleinement de l’immersion car c’est bien là sa vocation première. « ressentez-le » dit la scientifique au début du film.

      • Comme dans la plupart de ses films (un peu à la manière de Kubrick d’ailleurs), Nolan a semé dans Tenet une foule d’indices dont vont s’emparer les exégètes de tous poils pour mieux extrapoler. Il y a tellement à voir et à entende que le voir plusieurs fois permet de se concentrer sur d’autres éléments, fouiller le cadre pour y chercher les références au carré sator par exemple.

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