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Bande-annonce :

Kezako

« Room » est un film dramatique réalisé par Lenny Abrahamson, sorti en 2015.

Il raconte l’histoire de Joy et Jack, une mère et son fils séquestrés dans une mystérieuse « pièce » depuis de nombreuses années. Au lendemain du cinquième anniversaire du garçon, Joy décide d’enfin planifier leur évasion.

Brie Larson (States of Grace, Captain Marvel) incarne le rôle principal et obtient l’Oscar de la Meilleur actrice en 2016 (ainsi que le Golden Globes et le BAFTA dans la même catégorie) pour sa sublime performance. Elle est accompagnée du jeune Jacob Tremblay (Wonder, Ma vie avec John F. Donovan).

Le long-métrage de 1h58 est actuellement disponible sur la plateforme de streaming Netflix.

 

Ça raconte quoi, concrètement ?

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Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Jack. Cela fait désormais cinq ans que le garçon est venu au monde. Enfermé dans une « chambre » depuis sa naissance, il aide donc sa mère à concocter un joli gâteau d’anniversaire. Pour lui, cette « pièce » est son monde. Il ne connait pas l’extérieur et ne le connaîtra probablement jamais.

Joy, sa maman, y est séquestrée depuis maintenant sept longues années. Frappée, régulièrement violée, la jeune femme s’est résignée à subir ce nouveau mode de vie. Par le passé, elle a déjà tenté de s’échapper, mais « Vilain Nick », le surnom de l’homme qui les approvisionne, est fort et malin.

Sauf que maintenant, Jack est en âge de comprendre que cet environnement n’est pas normal. Que le monde est beaucoup plus grand, qu’il s’étend à travers les quatre murs et que l’extérieur va littéralement changer sa vie.

Alors Joy décide de mettre au point un stratagème avec l’aide de son fils, afin de tromper la vigilance du malfaiteur. Il est temps de sortir de ce trou à rat !

 

Qu’est-ce que ça donne ?

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« Room » est touchant. Le long-métrage se décompose en deux parties distinctes. Je n’en dirais pas plus. Plusieurs thèmes sont abordés pendant ce très beau film.

Joy est une jeune femme qui a été kidnappée à l’âge de 17 ans par « Vilain Nick ». Aucun flashback ne nous raconte son passé. C’est à travers ses dialogues et certains éléments du récit que l’on découvre certaines dures vérités. Notamment celle qui démontre que l’homme en question est le père biologique de Jack. Malgré tout, cela ne lui laisse pas pour autant l’autorisation d’approcher le garçon. Telle une louve, Joy veille sur son enfant comme à la prunelle de ses yeux.

Les divertissements et distractions sont peu nombreux dans la « chambre ». Mère et fils passent le temps en faisant du sport, en regardant une vieille télévision ou encore en cuisinant. La relation entre Joy et Jack est fusionnelle. Jamais l’un sans l’autre depuis cinq ans, ils dorment ensemble, se lavent ensemble… Malheureusement, Jack possède de nombreuses lacunes par manque d’éducation. Il ne s’exprime pas correctement et possède une vision biaisée du monde. Lui, qui ne voit le ciel qu’à travers un petit velux fixé au plafond.

Parfois, « Vilain Nick » vient leur rendre visite. En général à heure fixe et Jack se cache dans une armoire le temps que l’homme fasse son affaire avec la jeune femme. Il rapporte des provisions, le strict minimum, et s’en va.

Le stratagème d’évasion mis en place par la jeune femme est extrêmement risqué. Voir même peu réaliste, mais cela prouve que Joy veut désormais sortir son enfant de cet enfer, et ce par n’importe quel moyen.

 

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Le scénario est simple, mais percutant. Bien aidé par une mise en scène claustrophobique ainsi que des couleurs froides et sombres.

C’est rare, mais j’ai été pris d’émotion au beau milieu du long-métrage, au terme de la première partie. La suite est tellement inattendue (en tout cas, si tôt) que je ne savais pas à quoi m’attendre.

Le jeu d’acteur devient alors encore meilleur et Brie Larson (au naturel et sans artifice) mérite amplement ses récompenses. Au-delà de cette merveilleuse relation, d’autres éléments vont venir semer le doute. C’est très réfléchi et intelligent. Certaines réactions sont criantes de vérité. La musique n’est pas forcément marquante, mais est utile à la bonne réalisation du récit. Les effets de ralentissement d’image sont utilisés à un moment bien précis et donnent plus d’ampleur aux péripéties.

Beaucoup de choses à dire, mais je vais plutôt vous laisser découvrir ce film !

 

Avis ?

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Bluffant ! « Room » n’est pas qu’un simple long-métrage sur une séquestration, c’est également une ode au lien mère-enfant et aux traumatismes psychologiques. L’actrice principale est parfaite, Jacob Tremblay l’est tout autant malgré son jeune âge. Une belle histoire, touchante et dramatique !

Rédacteur : Florent V.


13 commentaires »

  1. Room m’a particulièrement épaté dans la qualité de sa transition entre les deux parties, justement. Il ne se néglige pas du simple fait que la plus importante est passée. Plus que deux parties, ce sont deux films, je pense.

    • C’est clairement ça. Comme je le dit, on ne sait pas à quoi s’attendre à la fin de la première partie car cela ressemble à un « nouveau » film. Merci de ton commentaire ^^

      • En fait, je ne l’avais même pas compris, sur le coup. Mon père a voulu qu’on le revoie dans la semaine, d’ailleurs. Un vrai choc.

  2. Quel plaisir de débarquer au cinéma sans savoir ce que l’on va voir! De « Room », je n’avais retenu que la qualification thriller, mais je m’attendais à tout sauf à cela! Quel plaisir, donc, de découvrir petit à petit la trame de l’histoire! Le film est d’ailleurs tellement riche qu’il faudrait, à coup sûr, le revoir!
    D’abord, toute la réussite du film tient à la performance du tout jeune acteur, sur qui repose toute l’intrigue. Il s’appelle Jacob Tremblay, il a tout juste 9 ans et il joue le rôle de Jack, un enfant né et retenu en captivité pendant 5 ans. Epoustouflant, impressionnant, autant l’acteur que la direction d’acteur. Il est rare d’assister à un tel numéro, surtout que le rôle n’était pas forcément évident! Sans ce brio, il est probable que le film n’aurait pas tenu la route.
    Ensuite, le scénario, très brillant, à chaque instant sur le fil du rasoir. Apparemment, une jeune fille a été enlevée et confinée par son ravisseur dans une espèce de conteneur, the « Room ». Au moment où démarre le film, on comprend que de la relation, du viol du kidnappeur, est né un enfant, le petit Jack. Je ne vous raconte pas comment cela se réalise, mais l’enfant finit par s’évader, lui et sa mère sont sauvés et les deux tiers restant du film vont traiter de leur réadaptation à tous les deux à la vie réelle.
    C’est un des thèmes essentiels du film, la découverte pour Jack du monde extérieur qu’il n’a jamais connu. On pense à « L’enfant Sauvage », de François Truffaut. Tout le film est une fine analyse psychologique sur ce long processus, qui touche l’enfant, mais aussi la mère et tout l’environnement familial. De ce point de vue, le film est remarquable, tant dans l’analyse que dans l’émotion. A chaque séquence, on craint que tout cela se termine très mal, tant les difficultés sont réelles. Il y a donc une forte tension, d’autant que l’empathie du spectateur envers Jack est très forte!
    Enfin, au travers de cette histoire, on retrouve toute une peinture de l' »american way of live », les avocats, les media à sensation, les voisins, et même la famille, qui n’échappe pas à toutes les tensions.
    Le film est donc très fort, très puissant, d’une richesse étonnante, d’autant que la réalisation et le jeu des acteurs sont très brillants!

    • Ouah quel pavé ! Très intéressant et très juste ! Comme tu l’as dit, un film qui possède tous les ingrédients pour être excellent. Merci beaucoup de ton commentaire 😉

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