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Le Chant du Loup

Date de sortie : 20 février 2019

Réalisé par : Antonin Baudry

Avec : François Civil (Chanteraide), Omar Sy (D’Orsy), Reda Kateb (Grandchamp), Mathieu Kassovitz (L’amiral)…

Genre : Drame

Nationalité : Français

 

En fait, je vais peu au cinéma pour un « cinéphile ». Je le reconnais. J’espère, à l’avenir, y consacrer beaucoup plus de temps. Néanmoins, pas question de rater certaines œuvres que j’ai coché sur mon calendrier.

Alors oui, je crache de temps en temps sur le cinéma français. Je crache sur quelques comédies qui permettent aux complexes culturels de vivres (voire même de survivre). Pour au final, espérer qu’on nous produise des films de meilleure qualité et à une fréquence bien plus importante qu’actuellement. Il est dommage de constater qu’un « Tuche 3 » fasse plus d’entrées qu’un « Jusqu’à la garde », par exemple…

Bref, c’est un débat qui n’aura pas lieu sur cet article, car nous allons parler du premier film d’un homme qui jongle entre la bande-dessinée et le cinéma.

 

Antonin Baudry ! Prenez votre temps afin de continuer à œuvrer pour l’excellence de notre culture. Faites-nous rêver autant que « Le chant du Loup » m’a angoissé, bercé, interpellé… Soyez fier, car nous le sommes ! Merci.

 

 

Une introduction qui donne le ton :

 

Aux abords des côtes Syrienne, le « Titane » est chargé d’exfiltrer un commando des terres locales. Chanteraide est l’oreille d’or du sous-marin nucléaire d’attaque. Sous les ordres du commandant Grandchamp et de son second, D’Orsy, il est chargé d’identifier chaque son qui pénètre dans le périmètre du submersible.

Juste avant la récupération des troupes terrestres, Chanteraide repère un bruit douteux qu’il n’arrive pas correctement à classifier. Son erreur n’est pas sans conséquence, car le « Titane » est repéré et mis en grand danger avant de finalement s’en sortir in extremis.

 

Le récit prend du temps à poser ses bases. Les termes sont assez techniques et l’on peut déjà remarquer un travail phénoménal sur le son.

Je n’ai jamais entendu une mélodie aussi désagréable et semblant aussi dangereuse que « le Chant du Loup ». C’est véritablement bluffant de réalisme. Je ne peux pas juger de la crédibilité des événements lors de cette introduction (surtout concernant la résolution de la séquence), mais il faut tout de même avouer que le personnage campé par Reda Kateb (Grandchamp) a du cran et fait preuve d’une grande bravoure. Le sang-froid des officiers de la marine face à l’état d’urgence dans lequel ils se trouvent est véritablement admirable.

C’est étouffant, stressant et digne d’un bon film d’épouvante.

 

Et sinon, grossièrement, ça raconte quoi ?

 

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Une histoire d’amour au second plan et une quête de vérité qui fait froid dans le dos.

Revenu à la base militaire, « Chaussettes » (surnom de Chanteraide) paye son erreur de jugement et se retrouve mis de côté par son supérieur hiérarchiqueMarqué par les évènements, l’oreille d’or va utiliser tous les moyens à sa disposition afin d’identifier l’engin croisé dans les eaux syriennes.

Dans le même temps, on prend connaissance d’un climat politique délicat, notamment près des côtes Finlandaise.

Le commandant Grandchamp a eu l’honneur de devenir le nouveau commandant de l’Effroyable, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Chanteraide est finalement sollicité, malgré son erreur passée et grâce à un test auditif réussi, pour intégrer l’équipage avant d’être finalement recalé sur le quai d’embarquement suite à un événement malheureux.

Dans le même temps, le « Titane » (commandé désormais par D’Orsy) escorte le SNLE avant sa dilution dans l’océan

C’est alors qu’une alerte maximale est déclenchée sur le territoire Français. Un danger se dirige sur l’hexagone et l’armée doit réagir très vite. Tandis que l’Effroyable, devenu indétectable, reçoit un ordre irréversible de la part du Président de la République, Chanteraide se rapproche de l’amiral (dixit ALFOST) et s’aperçoit que l’intention des assaillants est peut-être à l’origine d’un complot bien plus dangereux pour l’avenir immédiat de la planète.

 

« Invisible et silencieux, je porte la mort. »

 

Le scénario :

 

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Dans le fond, le scénario de ce film est plausible. Beaucoup moins sur la forme. Si une telle situation a peut-être déjà existé sans même que l’on le sache, il est terrifiant d’imaginer que le monde dans lequel on vit peut partir en vrille à n’importe quel moment. Cela montre à quel point il est important de peser avec précaution la moindre décision politique afin de ne pas déclencher une guerre qui serait aujourd’hui fatale.

N’empêche que “Le Chant du Loup” pointe le problème de certaines procédures militaires irrévocables lors de cas extrêmes. Une critique sans concession sur des règles certainement déjà traitées et optimisées en interne depuis de nombreuses années.

Moins bon dans la forme, car certains éléments déclencheurs semblent assez improbables. Mais je ne souhaite pas m’étaler sur les détails. Je vous laisse donc seul juge du résultat. Néanmoins, il ne faut pas oublier que ceci est une fiction et personnellement, j’ai apprécié !

 

Les acteurs :

 

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Les têtes d’affiche sont impressionnantes. Que ce soit François Civil (Chanteraide), l’étoile montante du cinéma Français, à Omar Sy dans la peau de D’Orsy, en passant par un monstrueux Reda Kateb (Grandchamp) et le toujours excellent Mathieu Kassovitz (ALFOST).

Il est important de préciser qu’il y a eu un minutieux travail d’analyse sur les différents métiers de sous-marinier. L’oreille d’or est bien entendu au centre des attentions, mais on prend clairement connaissance des responsabilités majeures et du courage des officiers, et encore plus de l’amiral, qui ne se cachent pas derrière un bureau en attendant que le temps passe.

Les dialogues sont excellents. On nous bombarde de termes assez techniques et typiques de l’univers militaire. Même si certaines consignes semblent incompréhensibles pour nous, on reste spectateur et respectueux d’un métier qui nous dépasse.

On ressent très bien les émotions des personnages et la tension à travers les expressions de visage des acteurs. Ils transpirent le talent et démontrent leur grande motivation à participer à un projet aussi ambitieux. Ils ont parfaitement compris le fait qu’ils ont été auditionnés et choisis pour un long-métrage qui va tenter de redéfinir les contours du cinéma francophone. Qu’il est temps de prouver qu’Hollywood n’est pas si loin et que le terme rivaliser n’est plus utopique.

 

La réalisation :

 

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Il y a tout de même un point faible. Les effets spéciaux ne sont pas flamboyants.

Certains d’entre eux sont même assez moches. Mais je ne peux pas blâmer le réalisateur et son équipe technique sur un premier film. Avec ce qu’il a démontré dans “Le Chant du Loup”, Antonin Baudry va pouvoir gagner la confiance des entreprises de productions et les sociétés de distribution afin de nous offrir à l’avenir des œuvres avec des budgets bien plus conséquents et confortables (même si 20 millions, c’est déjà important pour un film français).

Quoi qu’il arrive, le travail sur la bande originale, et surtout sur les bruitages, est excellent. Que dis-je, fabuleux !

Nous sommes les oreilles du personnage principal. Si les moindres sons de l’océan semblent pour nous incompréhensibles, on prend plaisir à voir Chanteraide compter le nombre de pales d’un engin ou encore détecter la traversée proche d’une famille de dauphins. Même lorsqu’il revient sur terre, l’homme continue d’être bercé par la mélodie de l’univers marin. Une oreille attentive qui lui permet d’anticiper les éléments de son environnement.

 

L’une des scènes le montre s’arrêter en pleine rue, distinguant, grâce à son ouïe développée, l’un de ses supérieurs hiérarchiques à deux doigts de se faire renverser par un véhicule.

 

Sinon, les décors sont très exigus. Si de réels sous-marins ont été utilisés pour créer certains plans, c’est bien dans des maquettes à taille réelle et fidèle que les acteurs ainsi que l’équipe de production ont dû se fondre.

L’utilisation des couleurs respecte un code classique. Du bleu pour la mer et la sécurité de l’engin. Puis le rouge lors des phases d’alertes. Globalement, les séquences sont assez sombres afin de nous donner un sentiment d’oppression et de claustrophobie intense. La bande originale est, je le répète, sublime. Je suis vraiment ravi de pouvoir en dire autant de bien.

 

Mon avis global :

 

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Impressionnant ! Pas le film de l’année, mais clairement une révolution pour le cinéma français. Très ambitieux et super bien construit, « Le Chant du Loup » donne le goût d’oser. Oser sortir des sentiers battus et de titiller les émotions ainsi que les sens du spectateur. C’est rafraîchissant, génial et instructif. Cela annonce du très bon pour l’avenir !

 

Lexique :

SNLE : Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engin – C’est un sous-marin à propulsion nucléaire navale, équipé de missiles stratégiques à charges nucléaires en silos verticaux et lancés en plongée. Une arme de dissuasion !

ALFOST : L’amiral commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique.

L’oreille d’or : C’est un officier de la marine qui est chargé d’écouter les bruits provenant de l’extérieur du sous-marin grâce aux sonars. Son but est également de les identifier.


4 commentaires »

  1. Oui, un ami l’a vu et il n’a pas aimé la fin. Je ne l’ai pas encore vu mais ta critique donne envie. Je salue le fait qu’un cinéaste français ose s’aventurer dans un autre style que la sempiternelle comédie lourdingue ^^ Je le regarderais c’est sûr. Bon weekend à toi 🙂

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