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« La Mule » est un bon film. Un point de vue intimiste sur la vie d’un vieil homme en quête de rédemption. Si le long-métrage est prenant, j’avoue être resté assez perplexe par rapport à certains éléments du scénario que je souhaite développer.

Synopsis :

 

Earl Stone, un horticulteur nonagénaire de talent, est amené à effectuer du transport de drogue pour un cartel Mexicain afin de pallier ses problèmes financiers.

En froid avec sa famille depuis de nombreuses années, le vieil homme essaye de renouer un contact grâce à l’aide de sa petite-fille. Pourra-t-il trouver un dernier souffle de vie décent alors que l’agent Bates de la DEA le traque en parallèle afin de stopper le trafic ?

 

 

Concrètement :

 

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Après l’échec « Le 15h17 pour Paris », Clint Eastwood repasse devant la caméra afin de renouer avec le succès connu par ses œuvres passées.

« La Mule » est un film léger. Earl en est l’exemple numéro un. Son « truc », c’est d’épater ses amis horticulteurs lors de différentes et inutiles compétitions, délaissant ainsi totalement sa vie de père de famille et d’époux. Earl aime la fête et les femmes. Pas question, malgré son âge avancé, de laisser tomber les plaisirs charnels. Il est doté d’un charme naturel, d’un sens de l’humour à toute épreuve et d’une sympathie naturelle.

Mais franchement, serait-il réellement retourné auprès de ses proches si internet n’avait pas ruiné son business ? Certainement oui, car on ressent en lui la culpabilité d’ignorer certains événements importants.

Quoi qu’il en soit, l’homme est désormais en quête de rédemption et sans argent, il doit affronter ses vieux démons. C’est alors qu’il tombe sur un jeune homme, invité aux fiançailles de sa petite fille, qui l’aborde et lui propose de renflouer ses caisses à condition d’être livreur pour l’un de ses proches. Malgré ses facéties et sont côté superficiel, Earl est un homme droit qui respecte avec une grande attention le Code de la route. Pas un seul PV de sa vie sur le bitume. L’homme parfait en soi pour devenir une « Mule ».

Le cartel Mexicain doit déplacer des armes, de la drogue et des objets en tout genre avec une grande discrétion. Lors de sa première « course », Earl gagne assez d’argent pour acheter un nouveau pickup et aider financièrement sa petite-fille pour son mariage. Il est désormais l’heure de racheter sa maison, puis d’aider ses amis… toutes les raisons deviennent bonnes pour continuer ses périlleuses aventures. Jusqu’à définitivement attirer l’attention de Leton, chef du Cartel et devenir « Tata », leur « Mule » de premier choix.

S’en suivent alors des événements durs qui mettront en danger l’homme ainsi que le business des Mexicains. En parallèle, l’agent Bates est chargé de gonfler les statistiques de son service qui flirtent avec le néant. Avec l’aide d’une taupe, il se rapproche dangereusement de « Tata », et par conséquent de Earl.

 

Casting :

 

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Le personnage de Earl est incroyablement bien écrit. Il suit bien entendu la ligne conductrice que Eastwood impose à la majorité de ses rôles. Un homme occupé qui délaisse sa famille, perd quelque chose de cher au bon déroulement de sa vie et qui se retrouve alors en quête de rédemption. De ce côté-là, c’est du classique.

L’horticulteur est le noeud du scénario. Il est gentil, un peu naïf et surtout sociable. Alors oui, le cartel abuse de sa bonté, mais Earl en est parfaitement conscient. Malgré son âge avancé, il décide de mettre les pieds dans un monde qui le dépasse. Dans le seul but de châtier tous ses péchés ? Faire du bien à son mal-être?

La « mule » est surveillée par le bras droit de Laton (Andy Garcia), Julio. Ce dernier est pour moi le grand mystère de ce film. Difficilement obéissant auprès de son supérieur hiérarchique et totalement excédé par « Tata », il s’adoucit progressivement avant de finalement disparaître sans la moindre explication après un rebondissement majeur. La relation qu’il entretenait avec Earl était parfaite et sujette à un excellent arc de l’histoire. Dommage !

Bradley Cooper incarne l’agent Colin BatesCe n’est pas un rôle super enrichissant pour sa carrière, mais il l’incarne à merveille. Le choix est bon sans être judicieux. Le reste du casting est correct, globalement pas de fausse note même si le Dieu Eastwood écrase le long-métrage de son charisme légendaire. Notons également la participation de sa fille, Alison, dans la peau d’Iris. La relation entre Earl et son enfant unique serait-elle un clin d’œil par rapport à l’absence de Clint au foyer ?

 

Le scénario et la réalisation

 

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Je le répète, « La Mule » est un bon film. Mais je ne peux m’empêcher de croire qu’il aurait pu être excellent avec un scénario de meilleure qualité.

On ne s’ennuie pas pendant le long-métrage. Les péripéties sont bien rythmées et l’intérêt est croissant. Les premières cinq minutes sont réservées à un Earl douze années plus jeune qui fait le show lors d’un concours d’horticulteurs tandis que sa fille l’attend pour son mariage. On comprend donc immédiatement la raison du froid familiale.

Les premières courses sont géniales a suivre. Drôles, enivrante, portés par un Eastwood qui semble s’amuser et en grande forme. On retrouve bien entendu les musiques mélancoliques si chères au réalisateur dans des séquences beaucoup plus sombres. Le long-métrage se concentre « quasiment » exclusivement sur le personnage principal et délaisse l’environnement délétère du cartel mexicain.

Dans ce sens, la bande-annonce nous trompe. On y voit un Earl Stone dans un climat de danger absolu. Soyons honnêtes, à aucun moment je ne l’ai cru en danger de mort lors des deux heures de visionnage. À L’image d’un film comme « Sully », Eastwood s’attache à écrire et décrire du mieux possible l’histoire d’un homme et non pas un contexte. N’y allez pas en croyant voir du sang, des cadavres ou même de la violence. C’est beaucoup plus poétique que ça en a l’air et c’est très bien comme ça, à condition bien entendu de ne pas le vendre autrement.

Certaines séquences sont vraiment touchantes, même poignantes. L’art du réalisateur américain est de continuer à surprendre le spectateur sur des événements qui peuvent sembler assez banals.

J’ai relevé également quelques incohérences grossières et finalement anecdotiques. Sauf que le dernier tiers du film m’a réellement interpellé. Il y a trop de facilités scénaristiques à mon goût (disparition de personnages, événements peu crédibles) et surtout, énormément de questions sans réponses.

 

Mon avis global :

 

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Bref, j’ai connu le cinéma d’Eastwood beaucoup plus percutant que « La Mule ». S’il est intimiste, il manque un peu de consistance dans son scénario qui lui aurait permis de s’élever au statut de chef-d’œuvre.

Néanmoins, j’ai beaucoup aimé voir ce film et je vous le conseille vivement. Les défauts que j’ai perçus n’ont pas forcément été relevés par d’autres « critiques ». Seuls vous pourrez juger du résultat !


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