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M. Night Shyamalan, c’est souvent pour le meilleur ou pour le pire.

Alors que les critiques sont très partagées sur le sujet, « Glass » est pour moi l’un des meilleurs films du réalisateur. La trilogie qu’il compose avec « Incassable » et « Split » est tout simplement géniale.

 

Mes attentes sur « Glass »

Mes avis sur « Incassable » et « Split »

 

Synopsis

 

David Dunn continue de traquer « La Horde ». Cette dernière, dirigée par la Bête, fait des ravages en ville et instaure un climat de peur à Philadelphie. Lors d’un premier face à face musclé, les deux hommes se retrouvent piégés et finalement placés dans un hôpital psychiatrique. Dunn y retrouve un Elijah Price dans un état déplorable. En face d’eux, la docteure Ellie Staple se donne pour mission de les ramener à la raison. Et si les super-pouvoirs, ça n’existait pas ?

 

 

 

Ce que j’en ai pensé

 

À la fin de la séance, je suis littéralement resté prostré sur mon fauteuil. Tandis que le monde quittait lentement l’enceinte du complexe, j’ai eu besoin d’encaisser la grosse charge d’émotions infligée par ShyamalanÀ chaud, « Glass » est le meilleur film que j’ai pu voir au cinéma. Mais, pour être totalement transparent, je n’ai pas vu énormément de long-métrage dans les salles obscures ces dernières années. Je peux donc comprendre l’interrogation sur mon ressenti… Et pourtant !

Pour revenir dans le contexte, j’ai revu « Incassable » et « Split » quelques jours auparavant. Et je vous conseille fortement de faire la même chose. Shyamalan nous a éparpillé subtilement une masse de références concernant ces deux volets

Alors bien sûr, « Glass » est volontairement compréhensible pour une personne néophyte de l’univers créé par le réalisateur américain. Mais clairement, il joue avec la corde nostalgique ainsi que sur les liens forts entre chaque personnage afin de rendre une copie proche de l’excellence. Plus profond qu’un « Split », plus dynamique qu’un « Incassable ». Ce n’est ni un véritable thriller, ni un film d’horreur. « Glass » est à part dans la trilogie proposée par Shyamalan.

Dans une volonté de réalisme, le long-métrage tente de nous semer le doute en exposant les éléments troublants des deux premiers opus. Et si tout ceci n’était qu’une vaste supercherie ? En plus de cela, le réalisateur de « Sixième sens » nous rappelle qu’il reste le précurseur dans le monde fantastique des super-héros d’aujourd’hui. Et il n’hésite pas à clore son histoire en osant ce qu’aucun autre long-métrage du genre n’a fait jusqu’à maintenant. Le tout en reliant des choses qui ne semblaient pas pouvoir s’accorder. Si le twist final a clairement fait réagir, celui-ci se termine en queue de poisson pour le plus grand bonheur du spectateur afin de nous soumettre une conclusion ferme et potentiellement ouverte.

 

Les acteurs

 

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Bien sûr que oui ! James McAvoy crève l’écran. Encore plus que sur « Split ». Ici, on l’admire enchaîner de façon fluide et bluffante les personnalités de Kevin, parfois même lors de longs-plans séquences (et cetera…). Sa performance est éblouissante. Il sort complètement du lot et vole évidemment la vedette à ses compères.

Malgré tout, les deux vieillards réussissent encore à faire parler la poudre et gardent une linéarité essentielle pour le bien de leur personnage. Si au final, Bruce Willis semble camper un David Dunn exaspéré par les terribles événements, Samuel L. Jackson incarne un Mister Glass plus machiavélique et sans pitié que jamais. Un être supérieur ? Vraiment ?

Le fils de David Dunn est l’une des révélations du long-métrage. Dans la peau du « compagnon d’armes » de son père, il matérialise la clé du scénario. La justesse des émotions de Spencer Treat Clark est impressionnante. On sent qu’il a réellement pris à cœur ce comeback.

Moins de réussite pour Anya Taylor-Joy qui peine à exister derrière la bête. Même si Casey reste importante pour le récit, on ne retrouve malheureusement pas la jeune fille fragile de « Split ».

Pour finir, je reste perplexe concernant la prestation de Sarah PaulsonElle interprète la psychologue (spécialisé dans la mythomanie) qui se donne pour mission de remettre l’esprit de nos trois antagonistes sur de bons rails. Mais sa froideur et son manque d’émotions empêchent littéralement son personnage de s’épanouir. Un tout petit bémol, car globalement, la direction d’acteurs est satisfaisante !

 

Le scénario (sans spoiler)

 

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Dure tâche que d’éviter de révéler certains points chauds du scénario. Je ne m’attarderai donc pas sur le sujet.

On est assez loin des deux films précédents dans la construction narrative. La première heure est longue et s’attarde à replacer le contexte du triptyque. On retrouve donc un David Dunn qui continue sa traque de la horde. Sans passion, l’homme garde en objectif secondaire d’imposer une certaine loi dans les rues de Philadelphie. Appelé désormais « Le Superviseur », Dunn trouve finalement la Bête avant de finir cloîtré en hôpital psychiatrique en compagnie de son principal ennemi et d’une ancienne connaissance qu’il a lui-même mis au trou, Elijah Price.

L’objectif de déconstruire les croyances des trois hommes est l’une des parties importantes du récit. Au travers de certains flashbacks, chaque héros se rend à l’évidence que le doute est permis. Sauf un ! A partir de ce moment précis, le rythme de l’histoire accélère nous servant ainsi des scènes de stress et d’action de grande qualité. Le tout pour déboucher sur plusieurs révélations choquantes, un final surprenant et des conséquences irréversibles. Un régal.

 

La réalisation

 

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Côté mise en scène, Shyamalan nous fait du Shyamalan. Si par moment, l’homme nous montre des plans d’une grande splendeur et d’une rare inspiration, il prend également le risque de filmer certaines séquences d’actions avec des caméras portables. Ceci peut être assez perturbant, mais incite le spectateur à ne pas rester dans un certain confort visuel.

J’ai beaucoup aimé sa volonté de sublimer certaines performances de ses acteurs. Je pense notamment au moment où Kevin appréhende sa chambre capitonnée, sortant complètement du champ de la caméra de surveillance avant de finalement revenir adresser un message obscène à ses « bourreaux ». Cette séquence m’a fait penser, dans un autre contexte, au moment où David Dunn (dans « Incassable ») demande à Elijah de lui ficher la paix. Le visage et le corps du héros disparaissant complètement de l’écran avec le mouvement de la caméra.

Dans une autre séquence, Joseph Dunn quitte l’hôpital suivi par une caméra postée au-dessus de sa tête et complètement à l’envers par rapport au sens de sa marche. À L’image du comics retourné, dans le même mouvement que la caméra, par le jeune Elijah (toujours dans « Incassable »).

Et que dire du plan avec nos trois personnages principaux côte à côte au beau milieu d’une salle pourvue de murs symboliquement roses.

 

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Les effets spéciaux ne sont pas impressionnants, par contre, l’effet de puissance dégagé par la Bête et David est vraiment convaincant.

« Glass » est doté d’une bande originale puissante. J’ai été agréablement surpris de sentir mon siège trembler sous certaines notes puissantes. On retrouve bien évidemment les mélodies de « Split » et de son grand frère. D’ailleurs, très peu de moments sont dépourvus de musique.

Il est impressionnant de remarquer à quel point Shyamalan a souhaité raviver la flamme et les souvenirs de ses aficionados. Alors qu’il apparaît en nouveau cameo, son personnage fait le lien direct avec son rôle interprété 19 ans plus tôt. Dans une autre scène, Casey quitte l’institut psychiatrique portant un manteau affublé du blason du zoo dans lequel elle a été retrouvée quelques années auparavant. C’est subtil et bon à voir.

 

Mon avis global

 

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Une claque ! J’ai l’habitude de créer une attente démesurée sur certains films et d’être déçu par rapport à cela. Ce n’est pas le cas sur « Glass ». Ici, rien n’est prévisible et surtout pas la fin.

J’ai été ému par certaines séquences venues clore différents chapitres de la trilogie. J’ai eu peine à garder mon émotion quand le diaporama final est apparu. Un bien beau film qui mérite d’être vu !


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