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« J’aimerais faire un western, mais plutôt que de le situer au Texas, faisons-le à l’époque de l’esclavage. Ce sujet, tout le monde a peur de le traiter. Il faut qu’on l’éclaire nous-mêmes. Vous pouvez faire un film sous la forme d’une leçon d’histoire gonflante sur des esclaves qui s’échappent grâce au Chemin de fer clandestin. Ou vous pouvez faire un film excitant. En faire toute une aventure. Un western spaghetti qui se passe à cette époque. » 

Quentin Tarantino (2011)

Réalisateur : Quentin Tarantino
Scénariste : Quentin Tarantino
Casting : Jamie Foxx (Django Freeman), Christoph Waltz (Docteur King Schultz), Leonardo DiCaprio (Calvin J. Candie), Samuel L. Jackson (Stephen)…
Production : The Weinstein Company
Pays : États-Unis
Genre : Western
Durée : 2h45


Nommé à cinq reprises pour la cérémonie des Oscars 2013, il est récompensé à deux reprises (Meilleur acteur dans un second rôle pour Christoph Waltz et Meilleur scénario original)


Synopsis :


Le Docteur, et chasseur de prime, Schultz prend sous son aile un esclave noir prénommé Django. Celui-ci est le seul à connaître le visage des trois frères Brittle qui possèdent un lourd contrat sur leur tête. Une affinité naîtra entre les deux hommes et l’Occidental décidera alors d’aider son partenaire à retrouver sa femme.


Chaque long-métrage de Quentin Tarantino est un événement. Pourtant, si l’homme était un pays, « Django Unchained » serait sa Tour Eiffel.

Après « Reservoirs Dogs », « Pulp Fiction », « Kill Bill », « Inglourious Basterds »… Voici sûrement son long-métrage le plus abouti. Django est long, et comme le proverbe dit : « Plus c’est long, plus c’est bon », vous allez prendre votre pied.


Et ça commence fort !


1858 – Texas – Dans une zone désertique, nous faisons la connaissance de Django. L’homme, enchaîné et couvert de cicatrices, fait partie d’un groupe d’esclave et avance péniblement sous les rayons d’un soleil ardent.

Le trajet semble long et interminable lorsque, la nuit tombée, une diligence stoppe le convoi. C’est le docteur Schultz, un dentiste qui recherche les frères « Brittle ». Problème, il ne sait pas du tout à quoi ceux-ci ressemblent physiquement. S’approchant des esclaves afin de récolter de précieuses informations, Django l’interpelle et lui dit être son homme afin de l’aider à les retrouver. Le problème, c’est que les deux cow-boys armés escortant les esclaves ne sont pas du tout enclins à laisser filer l’un de leurs « nègres » dans les mains d’un inconnu. L’autre problème étant que le docteur n’aime pas réellement être menacé…

En une fraction de seconde, le premier prend une balle dans la tête et le second se retrouve condamné bloqué sous le poids de son cheval.
Finalement, il achète Django en toute légalité et libère les autres esclaves leur laissant la vie du cow-boy, toujours couché sous son destrier, entre leurs mains.

 

Tarantino aime soigner ses introductions. Le générique est génial, affublé de lettres à l’ancienne avec une musique au nom du héros. Des cadres et des effets de caméras qui sont jouissifs, passant du plan panoramique à un plan serré avec un zoom extrêmement rapide.

Et que dire de cette façon de mettre en scène les fusillades. De façon exagérée, la chair et le sang giclent comme jamais.

Christoph Waltz a reçu l’Oscar de meilleur acteur dans un second rôle, et cette première scène résume parfaitement la crédibilité de la récompense. Il interprète un personnage cultivé et sûr de lui avec un frêle corps, mais véritable as de la gâchette. Sa façon d’infantiliser ses adversaires est géniale tout comme l’aspect extérieur de son carrosse ainsi que le dressage de Fritz, son cheval.

 

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Tandis que les deux hommes s’installent dans une ville du Texas afin de parler affaires, Schultz explique à Django qu’il n’a pas réellement le choix. Il doit l’aider et il retrouvera sa liberté au moment où les frères Brittle auront été interpellés.

Dans le même temps, le chasseur de prime demande la présence du shérif de la ville afin de terminer l’une de ses nombreuses quêtes. Une nouvelle fois, scène totalement surréaliste et imprévisible.

Finalement, les deux hommes localisent les frères dans la plantation de Spencer Bennet (Big Daddy). En parallèle, Django confie au docteur son désir de retrouver sa femme. Arrivé à destination, Schultz justifie sa présence, ainsi que celle de son « valet », par une volonté d’acheter une « Négresse » au maître des lieux. Tandis que l’homme d’origine allemande est invité à discuter en intérieur, Django est accompagné pour visiter le domaine. C’est à ce moment précis qu’il identifie ses cibles portant désormais un autre patronyme.

 

De nombreux flashbacks nous sont présentés lors de ce film. Ici, Django connaît les frères Brittle bien plus qu’il ne le laisse penser. La séquence est puissante, accompagnée d’une musique à tomber par terre. On comprend désormais la haine qu’il nourrit envers eux.

Les retrouver, dans une même situation, à une autre date et avec d’autres esclaves prouve bien que ceux-ci prennent un malin plaisir à torturer l’être humain.

 

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Django s’occupe des deux premiers frères tandis que Schultz, alerté par les cris, abat le troisième d’un tir d’une précision chirurgicale. Justifiant leurs crimes, les deux hommes sont priés de quitter les lieux sur-le-champ. Dans la nuit, Big Daddy met au point un stratagème afin de les agresser et ainsi récupérer l’argent de la récompense.

Là encore, Tarantino nous assomme d’une séquence complètement burlesque avec un groupe d’hommes, visages cachés de cagoules inadaptées, se plaindre et débattre des conditions improbables dans lesquelles ils doivent agir. C’est à mourir de rire.

Libre, Django souhaite désormais tout mettre en œuvre pour retrouver son épouse, Broomhilda. Touché, le docteur lui propose de l’aider et de lui verser le tiers des primes qu’il toucheront ensemble jusqu’à la réussite de leur mission.
Après un âpre entraînement hivernal, Schultz retrouve la trace de la jeune femme. Elle se trouve à CandyLand, dans les mains du richissime Calvin J. Candie et de son fidèle majordome Stephen… Un nouveau film commence !

 

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Mon avis global :

 

Une tuerie, c’est le cas de le dire.
« Django Unchained » est aussi intelligent que violent.

Parler de l’esclavage avec des mots et des images aussi crus, il fallait oser et surtout réussir. Tarantino est un expert en la matière, lui qui possède un style atypique et une patte reconnaissable parmi mille. Lui qui n’a pas peur de choquer et qui nous crée de véritables divertissements avec des sujets délicats ou même tabou (Inglourious Basterds).
Tout semble irréel. Sa façon d’exagérer certains éléments pour rappeler que ceci n’est que du spectacle.

Ici, le film se décompose en deux parties bien distinctes. La présentation de Django est très importante dans le récit, car c’est lui qui va clore le long-métrage. Lui, l’esclave noir qui va saisir la main tendue par un blanc afin de retrouver une liberté perdue depuis bien longtemps. Sauf qu’il ne se contente pas de profiter de son nouveau statut. Dans la seconde partie du long-métrage, il apprend à copier les blancs afin d’arriver à ses fins. Quitte à devoir faire des sacrifices. La vengeance est plus forte que tout et la vie n’aurait plus de sens sans la femme qu’il aime.

Jamie Foxx interprète magnifiquement bien le personnage. Son regard parle beaucoup. Ses expressions donnent des indices sur ce qu’il pense, ce qu’il prévoit, ce qu’il ressent. La relation entre Django « Freeman » et Schultz devient fusionnelle. Si au départ, l’homme d’origine allemande a besoin de lui afin d’achever un travail, il trouve en son partenaire une faille qu’il souhaite réparer. Au péril de sa propre vie.

Et puis il y a CandyLand ! Le duo DiCaprio / Jackson est magnifique. Les deux acteurs étonnent dans des rôles atypiques. Le premier incarne donc Calvin Candie, un riche homme qui se divertit avec des combats d’esclaves tandis que son majordome est un homme très âgé, aigri et qui ne supporte pas de voir un noir s’élever au-dessus de sa propre condition. Leur relation est épique. Candie parlant à Steven comme s’il était un enfant, ou plutôt un être inférieur qui ne comprend rien à rien. D’ailleurs, l’homme possède une interprétation assez litigieuse de cette infériorité.

Les musiques et la bande originale sont incroyables de justesse. Tarantino sait marquer ses meilleures scènes d’une réalisation aux petits oignons, d’une mélodie parfois même détonante et de bruitages souvent exagérément amplifiés. C’est le cas sur de nombreuses scènes, notamment les flashbacks et moments émotionnels.
Les mouvements de caméra et de cadrage sont d’excellentes qualités. Il prend des risques payants.

La scène du crâne est tellement mythique, ne serait-ce que dans son long plan-séquence, avec un DiCaprio déchaîné et des dialogues d’anthologie.
On ajoute à tout ceci une gestion des éclairages et des couleurs de très bonne qualité…

 

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Le mot de la fin :

Ce film est excellent. Vous voulez voir un western avec un bon scénario, un sujet intéressant et du divertissement, « Django Unchained » vous comblera. S’il reste gore dans ses scènes d’action et ses propos racistes d’époque, peu de choses peuvent lui être reprochées. Malgré sa longueur, il n’est pas ennuyeux. À voir absolument !

 

Anecdotes :

On commence par la plus connue !

Lors d’une scène où DiCaprio parle de sa théorie de la docilité des esclaves, il s’emporte et explose le verre présent sur la table se blessant la main gauche. Il continue toutefois son interprétation. Un peu plus tard dans la même séquence, il étale donc son propre sang sur le visage de Kerry Washington (interprétant Broomhilda Von Shaft).

Tarantino a eu (est-ce encore le cas?) l’idée de sortie une version longue du film d’une durée de quatre heures sous un format épisodique.

Will Smith a refusé de jouer Django… ça se passe de commentaires.

Leonardo DiCaprio a refusé de jouer le personnage du professeur Schultz préférant incarner le méchant de l’histoire.

Tarantino n’avait pas prévu de jouer dans son propre film avant que Joseph Gordon-Levitt ne quitte le tournage pour un autre projet personnel.

Il y a eu une adaptation du film en comics. Il s’agit plus précisément de la première version du scénario écrit par Tarantino avec des scènes et des détails supplémentaires. Par ailleurs, un crossover a été créé entre les personnages de Django et de Zorro.

 


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