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Sortie cinéma : 17 Octobre 2018

Réalisateur : Damien Chazelle

Distribution : Ryan Gosling (Neil Armstrong), Claire Foy (Janet Shearon), Corey Stoll (Buzz Aldrin), Jason Clarke (Ed White)…

Musique : Justin Hurwitz

Distribué par : Universal Pictures

Nationalité : Américain

Genre : Drame biographique, Espace, Histoire

Durée : 2h22

Synopsis :

 

En 1961, Neil Armstrong est un talentueux pilote d’essai d’avions-fusées pour le compte d’un organisme de recherche aéronautique. Alors qu’il flirte avec l’atmosphère lors de l’un de ses vols en haute altitude, l’homme perd la confiance de ses supérieurs suite à une manœuvre délicate et dangereuse.

Consumé en parallèle par un drame familial, Neil décide alors d’offrir ses services à la NASA. Celle-ci recrute en 1962 des astronautes dans le cadre de l’ambitieux programme spatial Gemini.

Avec le soutien de sa femme et de ses amis, Armstrong doit désormais faire face aux nombreux accrocs lors des essais qui le mèneront jusqu’au programme Apollo et à la fameuse date du 20 Juillet 1969 qui l’enverra conquérir la Lune. Faire face également à l’opinion publique qui doute. Faire face à la mort…

 

 

Premiers mots :

 

« First Man » est le récit intime d’un homme au-delà de l’exploit historique d’une nation. Celui qui eut une foi inébranlable afin de surmonter les pires obstacles et ainsi poser le pied sur la surface de la Lune.

Damien Chazelle est un génie. Comment ce mec, âgé d’à peine 33 ans, peut-il nous retranscrire ce moment de vie avec autant de justesse et d’émotions?

Sans artifice, il réussit avec brio à nous faire redécouvrir la plus belle et la plus marquante étape de la conquête spatiale à travers les yeux d’un héros.

Par-dessus les échecs, par-dessus la tragédie, Neil Armstrong a su garder la foi et son sang-froid afin d’achever une quête, mais surtout rendre le plus beau des hommages.

Mes attentes initiales sur « First Man »

 

Ce que j’ai vu (sans spoiler) :

 

Trente secondes. C’est le temps qu’il faut à Damien Chazelle pour nous montrer l’étendue de son talent. À bord d’un avion-fusée X-15, notre personnage principal subit violemment les frottements de son engin surpuissant percer l’atmosphère terrestre. Alors qu’il franchit la fine couche qui le sépare du vide intersidéral, Armstrong défie les lois de la physique et met en danger sa vie au profit de sa curiosité.

L’homme est un pilote hors pair. De retour sur Terre, il fait face aux remontrances de sa hiérarchie. En parallèle, il consomme une énergie monstrueuse afin d’aider Karen, sa jeune fille, qui souffre d’une tumeur au cerveau. A l’aurore de son existence, la fillette succombe à la maladie et laisse un vide dans le cœur du futur astronaute.

 

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Ryan Gosling est « Neil Armstrong »

L’acteur Canadien est bouleversant.

Il interprète un Neil Armstrong qui s’endurcit et qui accepte le sort réservé aux protagonistes de ce projet insensé, mais incroyable. À plusieurs reprises, il affrontera les enterrements avec de plus en plus de contenance. Gardant à l’esprit le cap fixé vers la mer de la tranquillité sur la Lune.

Un homme qui s’enferme dans son travail au point de ne plus assumer son rôle de père et d’époux avant le grand départ. Les émotions ne passent plus… jusqu’à la libération.

Car au final, l’objectif de l’astronaute n’est pas réellement d’aller poser le pied au milieu des étoiles.

 

Sept années séparent Armstrong et son équipage du décollage d’Apollo 11. La NASA est encore très loin d’être opérationnelle pour réussir ne serait-ce qu’un amarrage dans l’espace. Les États-Unis possèdent un sérieux retard sur l’URSS et ne peuvent que viser la Lune.

Au fur et à mesure des essais, les accidents se multiplient, les décès aussi. Le programme suit tout de même son cours avec notre personnage principal et David Scott qui sont chargés d’effectuer la mission complexe d’amarrer Gemini 8 avec l’étage de fusée Agena.

Janet Shearon, son épouse, suit avec une grande appréhension le voyage de son mari dans l’espace. Alors que ses deux garçons restent inconscients par rapport au réel danger présent, les conversations radiophoniques ne sont pas rassurantes jusqu’à la perte de transmission…

 

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Claire Foy est « Janet Shaeron »

Claire Foy incarne brillamment la future épouse du premier homme à poser le pied sur la Lune.

Tandis qu’elle vit le décès de sa fille de façon plutôt sobre par rapport à son compagnon, la jeune femme garde l’intelligence et la force d’élever Eric et Mark en l’absence de plus en plus fréquente de leur père.

Devant faire face au comportement froid de ce dernier et à l’incompréhension d’Eric qui semble complètement perturbé par les événements, c’est elle qui débarque dans les locaux de Houston afin de prendre des nouvelles de son bien-aimé en difficulté dans l’orbite de la Terre.

C’est elle qui qualifie le projet de non maîtrisé et mis en place par des boy-scouts. C’est elle qui recadre son futur mari par rapport à son comportement à l’aube de marquer l’histoire.

Une performance éblouissante vraiment.

 

Tandis que la première mission Apollo débute par un nouvel accident et le décès d’un ami proche, Neil est alors en déplacement à Washington pour la signature du traité de l’espace de l’ONU. Une nouvelle tragédie qu’il va surmonter et qui le motive davantage à emmener les derniers tests à terme.

L’homme s’offre un dernier moment de relâchement avec sa famille avant de définitivement sombrer dans une concentration extrême, avec une retenue et un sang-froid hors du commun.

Il frôle la mort à bord d’un LLTV (Un atterrisseur lunaire expérimental), mais continue à garder une foi inébranlable jusqu’à la date fatidique du décollage d’Apollo 11, la mission qui se déposera Armstrong et Aldrin sur le sol lunaire.

 

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Mon avis :

 

« First Man » est LE film de l’année ! (Cet avis est subjectif)

C’est un long-métrage à voir dans une salle de cinéma. À savoir également que le film dure 2h22 et se concentre beaucoup sur le caractère et les moments intimes de la vie du personnage principal pendant les huit années qui le séparent de sa mission. Ce n’est donc pas un film sur la conquête spatiale, même si celle-ci est brièvement évoquée.

Le seul défaut du film étant lors de certaines scènes qui peuvent être longues et pompeuses tout en sachant que Damien Chazelle sait rattraper brillamment son spectateur.

Sinon, le reste est éblouissant !

« First Man » est filmé majoritairement avec un type de pellicule qui peut rappeler les grains d’époque. Néanmoins, certaines séquences utilisent un format IMAX. Très peu de plans sont fixes, la caméra au poing a été privilégiée notamment dans les endroits confinés des capsules spatiales.

Les émotions du visage des acteurs sont retransmises via de nombreux gros plans à l’instar de « La La Land ». Aucun fond vert n’a été utilisé, Chazelle privilégiant notamment la construction de décors, d’écrans et de maquette.

Le scénario est basé sur le roman éponyme de James R. Hansen. Le rythme est plutôt bon, car les séquences de vols alternent habilement avec les moments plus intimes de la vie de Neil Armstrong.

La vétusté des équipements spatiaux utilisés donne un charme et une crédibilité certaine aux séquences de décollage. Les bruitages sont époustouflants. Il joue sur les bruits de tôles et de boulons qui s’entrechoquent pour instaurer une insécurité, une angoisse et une peur totale. Le tout accompagné d’une caméra tremblante (trop?) et d’une bande originale magnifique.

 

Un extrait de la bande-originale

 

Lors du décollage de Gemini 8, je fus impressionné par la puissance dégagée par la mise en scène. Le ciel s’assombrissant à chaque mètre d’altitude gagné, les étincelles et le feu qui jaillit sur les vitres quand le propulseur se détache de la capsule…

 

Et je ne vous parle même pas du dernier tiers du film qui emmène les trois astronautes sur la Lune. L’apothéose totale avec des morceaux puissants et une gestion du silence maîtrisé à la perfection.

D’ailleurs, la bande originale se veut innovante. Parfois douce et mélancolique, d’autre fois puissante et étrange (Le thérémine est l’un des instruments utilisés par Justin Hurwitz).

Le casting est parfait. Après « La La Land » et « Blade Runner 2049 », Ryan Gosling étoffe un peu plus son jeu d’acteur. La justesse et la crédibilité de ses émotions sont bluffantes du début à la fin. Si je l’ai préféré dans le précédent film de Chazelle (il aurait dû obtenir l’Oscar du meilleur acteur cette année-là), il mérite clairement un destin à la Léonardo DiCaprio : boudé puis adoubé !

Claire Foy est largement en lice pour la même récompense dans un second rôle féminin.

Le doublé pour Damien Chazelle et Justin Hurwitz ? Une autoroute vers les Oscars s’est dégagée pour l’équipe de « First Man ». Espérons que l’académie ne soit pas rancunière par rapport à la fameuse polémique du planté de drapeau.

 

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Le mot de la fin :

Que dire de plus… je suis subjugué par ce long-métrage. Et je vous garantis que je n’ai parlé que d’une infime partie de ce que vous verrez. Un pur chef-d’œuvre ! Je vous le conseille clairement. Les faits historiques sont globalement bien respectés et la réalisation est fabuleuse. Achetez votre billet et ceux de vos amis !

En bonus :

Critique de Whiplash

Mon avis sur La La Land


10 commentaires »

  1. Claire Foy et Ryan Gosling.. rien que pour ce casting je dis oui; si en plus on rajoute le réalisateur de LALALAND je dis mille fois oui ! Ryan Gosling est un mec génial, Claire Foy je l’adore et ta critique pleine d’enthousiasme encourage vraiment le spectateur à y se déplacer en salle. Passe un excellent weekend 🙂

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