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Tu ne tueras point

De Mel Gibson

Avec Andrew Garfield (Desmond Doss), Vince Vaughn (Sergent Howell), Sam Worthington (Capitaine Glover), Teresa Palmer (Dorothy Schutte)…

Pays : États-Unis / Australie

Genre : Guerre, Biographie, Drame

Durée : 131 minutes (2h11)

Date de sortie : 9 novembre 2016 (France)

 

Tu ne tueras point” est le dernier film en date réalisé par Mel Gibson.

Ce long-métrage de guerre a été nommé dans six catégories pour les Oscars 2017, pour deux récompenses : Meilleur mixage son et Meilleur montage.

 

Synopsis :

Desmond Doss est objecteur de conscience. Il décide de s’engager dans l’infanterie Américaine en tant qu’infirmier (ou, plus précisément, auxiliaire sanitaire) afin d’apporter son aide et sa foi lors des terribles affrontements de la Guerre du Pacifique. Après avoir souffert de discrimination de la part de l’armée pour son refus catégorique de porter une arme, Desmond est envoyé au Japon afin de participer à la bataille d’Okinawa. Il fera alors preuve d’un courage hors du commun pour sauver les vies de ses compagnons.

 

 

Qu’est-ce qu’un “Objecteur de conscience” ?

C’est une personne qui refuse d’effectuer une action requise par une autorité et qui est jugée en contradiction avec ses convictions religieuses. Ici, Desmond cite Dieu : « Tu ne tueras point. »

En version originale, le titre du film est : “ Hacksaw Ridge” qui signifie “La falaise du hachoir” par rapport à la zone géographique où se situe l’action du film lors de la bataille d’Okinawa.

 

Ce long-métrage se découpe en trois parties bien distinctes :

 

Première partie : L’enfance et l’insouciance.

 

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Dès le départ, Mel Gibson tient à faire savoir aux spectateurs que notre personnage principal sera bien présent sur les terres Japonaises afin d’exercer son rôle d’infirmier. Par contre, on découvre un Desmond blessé (grièvement ?) et porté par des soldats qui lui demandent de tenir le coup.

Les scènes de guerre présentées sont au ralentis sous une musique mélancolique et des bruitages sourds. Les effets spéciaux sont assez moyens et peinent à convaincre. Certains fonds verts sont très visibles et les explosions ne sont pas crédibles. Rassurez-vous, ceux-ci seront peut présent et bien mieux réalisés par la suite.

On plonge ensuite dans la jeunesse de Desmond. On y découvre un jeune garçon élevé par une mère très croyante et un père, ancien militaire, alcoolique et désemparé.

C’est lors d’une bagarre avec son frère Harold que son destin va basculer. Alors qu’il est complètement dominé, le jeune garçon va se défendre en percutant violemment le visage de son aîné avec une pierre. Ce dernier perd connaissance et passe à deux doigts d’une tragique mort. Choqué de l’acte qu’il vient de commettre, Desmond est tétanisé et se tourne vers un portrait religieux en attendant, impassible, la correction que va lui infliger son père. La scène se déroule alors au ralenti et donne réellement des frissons dans le dos. Finalement, sa mère empêche son mari de le punir et explique à son fils qu’il n’y a pas pire pêcher que de tuer son prochain. Leçon retenue.

 

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Quelques années plus tard, Desmond est devenu un jeune homme et se trouve désormais très proche de la religion. Il travaille en bénévolat pour l’église de son village. C’est en sauvant un homme ayant la jambe broyée sous une voiture qu’il va prendre connaissance de sa faculté à pouvoir sauver des vies. À l’hôpital, il croise le regard de Dorothy, une jolie infirmière de son âge envers qui il va développer rapidement des sentiments amoureux.

Les musiques sont douces et travaillées et les couleurs sont vives. C’est sous le ton de l’humour qu’il ose lui parler et accepte immédiatement de lui donner son sang afin d’aider les malades… et surtout d’être près d’elle.

Bon, avons-le, c’est très « cucul la praline ».

Par la suite, ils se rapprochent et une idylle débute entre eux. Desmond apprend auprès de Dorothy la médecine et prend finalement la décision forte de servir son pays en tant qu’infirmier. Il rejoint donc son frère qui, quelques scènes plus tôt, avait déjà fait sensation en rentrant à la table familiale vêtu d’un costume d’officier.

Tom Doss, père de famille, devient fou et semble désespéré de voir ses deux enfants partir au front, sans réellement pouvoir faire quoi que ce soit. Dorothy accepte la demande en mariage de Desmond avant que celui-ci n’intègre l’armée.

Un premier tiers très rapide, avec un rythme assez haché, mais primordial pour la suite de l’aventure.

 

Deuxième partie : Foi et rabaissement

 

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Ce film n’est pas parfait. Notamment sur la séquence suivante :

Notre jeune homme entre dans la garnison et se voit présenter une bonne partie de ses compagnons de bataille. Cette mise en scène n’est pas naturelle, et encore moins crédible. Idem pour la séquence suivante qui ressemble beaucoup à la scène culte de “Full Metal Jacket”, à ceci près que Desmond garde son côté niais et rit aux blagues de l’instructeur. Cela crée un côté décalé qui est vraiment intéressant.

Tout commence bien pour le jeune homme qui satisfait aisément aux tests physiques imposés par les gradés. Cela se corse véritablement au moment de l’apprentissage de la manipulation des armes. Toujours marqué par l’accident survenu lors de sa jeunesse, il refuse catégoriquement, mais poliment d’en porter une. Convoqué par le Capitaine Glover, il est moqué et sévèrement recadré. Par la suite, commence une véritable passe d’armes afin de le faire quitter rapidement les forces armées.

Présenté comme un boulet, rabaissé et élément déclencheur de punitions collectives, Desmond subit les rires, les violences et les stratagèmes psychologiques mis en place pour le faire craquer. Ses permissions sont annulées sans raison valable, mais le jeune homme garde une volonté de fer jusqu’à ce qu’il soit mis en prison dans l’attente d’un jugement en cour martiale.

Puis un événement va déclencher un retournement de situation inattendue. Suite à celui-ci, il devient alors apte à partir au combat et termine sa formation.

 

Troisième partie : Guerre et héroïsme

 

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Des camions remplis de cadavres et d’estropiés, voici la première image que voit Desmond en arrivant au Japon.

Sa garnison est chargée de compléter la précédente qui a été quasi complètement décimée par les attaques NipponesLeur but est de conquérir définitivement la colline de Hacksaw RidgeAvant que ceux-ci n’entrent sur le champ de bataille, l’US Navy bombarde lourdement les ennemis afin de les faire reculer.

Les effets sont encore une fois très grossiers (Il faut dire que le film n’a pas bénéficié d’un budget mirobolant). La bande originale est angoissante, l’un des gros point fort du film.

La garnison monte la colline via un filet accroché sur la paroi rocheuse. C’est un véritable carnage, plus rien n’a l’air humain. Les sols sont abîmés, une épaisse fumée envahit l’horizon. Les corps baignent dans leur propre sang et la musique vit au rythme d’un battement de cœur. Un calme olympien jusqu’au moment où ils se font repérer…

La suite ? Un Desmond Doss héroïque, une histoire réelle qui semble pourtant invraisemblable. À voir par-dessus tout !

 

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Ce film est excellent, pour plusieurs raisons :

Desmond a une relation particulière avec son père. Ce dernier a été traumatisé par son passage sur les champs de bataille. Il a perdu de nombreux proches et amis. Il ne s’en remet pas, et ne s’en remettra probablement jamais. Il élève ses enfants à la dure et se défoule sur son épouse lors de ses nuits d’ivresse. Tout au long du film, des flashbacks sont introduits afin de comprendre la colère du jeune homme envers son paternel et surtout répondre à la question “Pourquoi il ne portera jamais d’arme ?”. Une forme de rédemption est également de la partie.

D’ailleurs, c’est sûrement lié à l’éducation que lui a inculquée sa mère que Desmond paraît aussi niais. Mais attention, loin d’être naïf. Et c’est là où se trouve l’intelligence du récit. Il vit pleinement ses actions. Draguer, aimer, rigoler, souffrir, aider… L’homme possède une volonté de fer et ne rechigne devant rien, peu importe le regard extérieur. Il est intelligent et ne demande l’aide de personne pour avancer.

À plusieurs reprises on l’aperçoit s’intéresser à l’armée. Dans l’hôpital, au début du film, il voit des soldats amochés, mais ne dit rien. Au cinéma, tandis que sa dulcinée est sous son charme, lui se renseigne sur quelques aspects médicaux. Quand il voit son frère s’engager, le jeune homme garde le silence et écoute son père déblatérer ses histoires démotivantes. Quand il annonce sa décision à Dorothy, sa pirouette est de la demander en mariage… Toujours sous contrôle, et bien non. Lors de son séjour en prison, il craque pour la première et dernière fois. Mais son obstination paye et il sera respecté pour cela, même demandé et supplié.

Au final, qui d’autre que Andrew Garfield aurait pu jouer ce personnage? L’acteur est excellent, magnifique dans sa façon de jouer et d’évoluer. Je n’avais pas forcément de souvenir de lui jusqu’ici, il vient de me marquer.

Soulignons également le très bon travail de la société de doublage. La version Française est soignée et cela fait du bien.

Je terminerais sur la mise en scène. Le dynamisme des scènes de guerre est fabuleux. Mis à part quelques plans brouillons, les effets sont de bonnes qualités et les bruitages sont bluffants. La bande originale est douce, puis stressante, puissante et glorifiante. Le climax du film est tout simplement génial. Mais, je ne vous en dis pas plus… ça donne la chair de poule.

 

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Avis global :

« Tu ne tueras point » n’est pas qu’un film de guerre. Ce long-métrage met en avant un héros. Une histoire, certes bourrée de bons sentiments, mais surtout excellemment bien scénarisée et mise en scène. On peut lui reprocher certaines faiblesses techniques, néanmoins, il procure des émotions ! Et c’est cela qui est important. Un beau casting, une bonne direction d’acteur, un bon doublage et une magnifique bande originale.

Que dire de plus, voyez-le !


3 commentaires »

  1. Je te rejoins totalement ! Mel Gibson à son sommet. je ne l’avais pas vu aussi inspiré depuis longtemps. Mention spéciale à Andrew Garfield (excellent aussi dans silence de Scorcèse). Passe un très bon weekend. Merci du partage 🙂

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