c8714c8f-5ab3-40ff-bb5d-c5b31c1b15fe

Robert Neville et son chien sont les seuls survivants de la ville de New-York. La nature ayant repris ses droits depuis que l’espèce humaine a été décimée par le virus “Krippin”, un vaccin voué à guérir le cancer qui a mal tourné. Les personnes touchées par ce dernier sont soit mortes ou ont muté génétiquement. Robert se donne la responsabilité de trouver un vaccin afin de stopper définitivement l’épidémie et sauver ceux qui peuvent encore l’être.

L’une des particularités de “Je suis une Légende” est qu’il est un film à ambiance. De la première à la dernière scène, chaque séquence peut devenir une source d’inspiration pour l’avenir.

Lors des crédits de début de film, les différents studios (Production, réalisation, promotion…) sont présentés avec comme fond sonore une émission de télévision débattant d’une solution trouvée par des scientifiques qui soignerait n’importe quel cancer. On comprend donc assez vite qu’elle a été la cause de la pandémie.

Francis Lawrence (le réalisateur) propulse ensuite le téléspectateur trois ans plus tard, dans le présent.

À New-York, l’ambiance est sauvage. D’un point de vue photographique et sonore, la séquence est magnifique. Le vent et les cris d’animaux flirtent avec l’écho des bâtiments. Ceux-ci, recouverts de végétation, semblent abandonnés, morts… La nature a repris ses droits dans un monde jadis civilisé. Certains vestiges sont encore présents. Votre regard pourra croiser des affiches de cinéma, des restaurants ainsi que des marques en tout genre.

Au milieu de cette jungle métallique, le seul bruit parasite est celui de la Ford Mustang Shelby GT500 rouge et blanche du professeur Robert Neville (Will Smith) qui fonce sur l’asphalte sans réel but précis. Sa chienne, “Sam”, sort le museau de la fenêtre passager afin d’observer les alentours et de sentir l’air frais et pur remuer ses babines. La paisible scène est alors coupée nette par un cerf qui surprend le conducteur. À coups de volants, il essaye de rétablir la situation et tente de se faire justice en prenant en joug son assaillant. Après quelques minutes de course-poursuite au milieu de centaines de véhicules abandonnés, l’animal en question tombe finalement sous les griffes d’une meute de Lions, laissant le Professeur frustré repartir chez lui.

Les effets spéciaux sont inégaux, magnifiques dans leurs globalités, on ressentira tout de même un effet fond “vert” (plus précisément bleu) lorsque l’acteur se déplacera dans la ville. Les animaux sont créés grâce à des images de synthèse. Seule, Sam est réelle. Très peu de musiques sont présentes dans cette introduction, l’ambiance sonore est privilégiée et ça fait du bien. Très peu de paroles également, les seules conversations sont des monologues.

 

jsl1

 

Seul au monde, Robert Neville donne l’intégralité de son affection à son amie à quatre pattes. Leur relation est fusionnelle. Tandis que l’homme prépare un repas divin à son compagnon, cette dernière lui tient compagnie au creux de la baignoire lorsque le soleil se couche et que les mutants sortent chasser.

Il la considère comme sa fille, la punissant quand elle ne mange pas ses légumes, mais mettant sa vie en danger afin de la sauver lorsque celle-ci s’oublie en zone à risque. Leur logement est une petite maison, au cœur de la ville. Lorsque sa montre lui en donne l’ordre, Robert rentre chez lui et asperge son entrée avec un produit probablement inflammable. Il met en fond sonore une cassette sur l’actualité de l’époque, et après avoir dîné, il cloisonne les fenêtres ainsi que l’entrée du logement avec des grilles métalliques avant de se cacher jusqu’au petit matin.

S’il y a bien une chose que les mutants détestent, ce sont les rayons de soleil. La journée, ils sont rassemblés et cachés dans des bâtiments désaffectés en attendant leurs heures pour sortir, chasser, se nourrir…

Des flashbacks viendront nous expliquer l’histoire du personnage principal. Marié et père d’une jeune fille, Neville était officier de l’armée des États-Unis. Alors que le virus se propage dans Manhattan, il met tout en œuvre afin de mettre ses proches en sécurité. A la radio, une déclaration du Président explique la situation au peuple, New-York doit être bouclé. Ce premier retour en arrière a été utilisé pour un jeu vidéo sorti quelques années plus tard : The Last of Us. Quand je vous parlais d’inspiration.

Ces pastilles sont très bien insérées dans le récit et donnent du corps au protagoniste. C’est une façon de le décrire tout en gardant le côté naturel de l’interprétation de Will Smith.

 

jsl2

 

De retour dans le présent, lors de son réveil, on aperçoit un homme qui prends soin de son corps. Qui se muscle, qui court et qui débat avec son chien des musiques de Bob Marley. Puis on découvre une réalité bien plus sérieuse. Au sous-sol de son logement, le professeur a créé un véritable petit laboratoire qui lui permet de faire des tests réguliers sur la formule d’un vaccin contre le virus “Krippin”. Pour guise de cobaye, il utilise de petits animaux contaminés comme des rats. Via un journal vidéo, il compile les résultats et donne son ressenti sur l’évolution de sa “potion”. L’une d’entre elles semble porteuse d’espoir.

Quand il en a terminé, il vogue à des occupations qui donnent de nombreux indices sur son état psychologique. Au cœur d’une boutique de livres et de DVD, l’homme se prend à avoir des interactions sociales avec des mannequins. Il demande conseil à Sam sur celles-ci avant de finalement se lancer dans une fouille rondement bien organisée des bâtiments de la mégalopole en quête de vivre et d’équipements.

La nostalgie le harponne régulièrement, mais il garde le cap qu’il s’est fixé.

Chaque jour, à midi, il émet un message radio indiquant sa présence et donnant rendez-vous à un point précis dans l’espoir de recueillir de potentiels survivants. Puis il se divertit, par exemple, en jouant au golf depuis l’aile d’un avion de chasse. Jusqu’au jour où Sam va s’aventurer dans un endroit pas vraiment fréquentable…

Alors à la poursuite d’un cerf, la chienne va s’engouffrer dans un des bâtiments désaffectés où se cachent les mutants.

On aura le droit à la première scène stressante du film. Dans un noir complet, Neville déambule avec pour objectif de retrouver son seul compagnon. Aucune musique ne viendra interférer l’ambiance de la séquence. Seuls ses pas, ses appels à voix basses ainsi que les bruits de respiration des mutants transperceront le silence. On ressent une réelle peur du personnage. Il prie pour retrouver son être cher et détaler sans demander son reste. C’est d’ailleurs la première fois où l’on apercevra les monstres. Totalement dépourvu de poils et avec une peau visiblement fragile. Ils ne possèdent plus l’usage de la parole ni de comportement humain même si on peut décerner, comme à l’instar d’une meute, un leader. Un mâle Alpha.

Après avoir réussi à se sortir du pétrin, sous finalement un fond de musique stressante et rythmée, Robert piégera l’un des monstres afin de l’emmener dans son laboratoire et de tester son vaccin sur un sujet humain.

C’est finalement le jour de son anniversaire où il trouvera plus fort que lui. A t-il été piégé ? Et par qui? Et si les mutants avaient encore un soupçon d’intelligence. Réussira-t-il à s’en sortir et pourra-t-il les guérir ?

 

jsl4

 

On ne peut pas dire que “Je suis une Légende” est parfait. Histoire tirée d’un livre (1954) de Richard Matheson, il résumera en 1h44 les 192 pages du bouquin que je n’ai pas lu. Pas de comparaison donc dans cette critique.

Will Smith est génial. Il porte le film par son interprétation sensible. Émouvant, son personnage passera par plusieurs états psychologiques importants. De la bienveillance à la peur, de l’espoir au dépit. De la joie aux pleurs. Très bon.

La réalisation est originale. On est loin de l’univers des blockbusters hollywoodiens qui nous assomment à coups d’effets spéciaux et de musiques épiques. Ici c’est sobre. Oui, les effets sont inégaux, parfois même médiocres, mais ce n’est pas un argument phare qu’on emploiera contre lui. Les couleurs sont belles et les panoramas également. La musique se veut discrète. Certaines mélodies sont mélancoliques et douces. Parfois agressives lors de scènes d’actions, mais en général c’est l’ambiance sonore qui est privilégiée et qui a été soignée. Le film a une durée plutôt courte par rapport aux standards actuels. On y passe un très bon moment.

J’avoue avoir eu du mal à replonger dans celui-ci par rapport à une scène qui hante mon esprit à chaque fois qu’on me parle de ce long-métrage. Ce genre de séquence qui te touche et détourne ton regard de la télévision avant même que cela ne se passe, car tu devines que ça va te faire mal au cœur. Bref.

La finalité de l’histoire est quelque peu décevante et facile. Dommage.

 

jsl3

 

Il faut voir “Je suis une Légende” au moins une fois dans sa vie. Je pense qu’il est le chef-d’œuvre de Francis Lawrence. Bien meilleur qu’un “Hunger Games”. C’est un bon compromis entre long-métrage à gros budget et film indépendant. Sa qualité artistique est excellente. L’histoire n’est malheureusement pas si bien développée que cela. D’ailleurs, je vous conseille de regarder la fin alternative. Elle change beaucoup de chose à l’interprétation globale de l’histoire.

À voir, et sûrement avec un paquet de mouchoirs.


3 commentaires »

  1. Franchement déçue par le final et le ton donné à l’histoire, bien trop « larmoyant »… Je suppose que c’est dû à Will Smith qui a l’air d’imposer un peu un background de père parfait dans des rôles qui n’en auraient pas besoin (là, je fais le lien avec son interprétation de Deadshot dans Suicide Squad) : l’acteur phagocyte toujours plus son personnage, c’est dommage.
    Pour avoir lu le livre récemment, cela a encore davantage accru ma déception à l’égard de son adaptation. Le personnage de Neville est à la fois touchant et détestable, mais toujours ambivalent. Les « monstres » ne le sont pas vraiment, ils sont au contraire une nouvelle espèce, en passe de devenir dominante, face à Robert Neville, dernier représentant d’une humanité révolue et totalement inadaptée à ce nouveau monde.
    Le final y est d’ailleurs bien plus intéressant, et pas tire~larmes pour un sou… Mais si tu peux le lire un jour, je voudrais pas trop t’en dire non plus 🙂

    • Merci de ton commentaire 😊 Effectivement, ici je ne juge que le film en lui même sans avoir lu l’œuvre de départ. Je pars du principe qu’une histoire écrite est souvent meilleure. J’ai été tellement déçu par de nombreuses adaptations… J’ai vraiment envie de me le procurer, donc je m’en occuperais prochainement. J’ai entendu parler de la théorie selon laquelle la fin de ce film ne correspond pas aux attentes initiales du réalisateur. Lui qui voulait montrer que l’intrus et le danger était plutôt le personnage principal que les « monstres », et ça me plaisait bien plus. Merci encore de ton intervention 👍

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.