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Frank Darabont possède trois gros succès dans sa filmographie en tant que réalisateur et tous sont des œuvres de Stephen King : “Les Évadés”, “The Mist” et “La Ligne Verte”. Je vous invite à les regarder tous les trois. Mais aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur le dernier nommé.

 

 

The Green Mile, dans sa version originale, est une histoire racontée par Paul Edgecombe (Tom Hanks), vieil homme de 108 ans demeurant en maison de retraite. Tiraillé par de terribles souvenirs, il se livre à l’une de ses amies sur son expérience en tant que gardien-chef de prison lors de l’année 1935.

A l’époque, dans le Bloc E du centre pénitencier de Cold Mountain, un petit bataillon de gardien est chargé de surveiller et d’accompagner des détenus qui ont été jugés “condamnés à mort” par l’état de Louisiane.

Tout commence le jour où un impressionnant prisonnier du nom de John Coffey est conduit dans ce fameux Bloc dans l’attente de terminer précipitamment sa vie sur une chaise électrique. Ce colosse est condamné pour le viol et le meurtre de deux jeunes filles. Son attitude calme et douce tranche totalement avec un physique hors du commun. Mais au-delà de cela, John semble posséder des pouvoirs surnaturels. En parallèle, un jeune gardien du nom de Percy Wetmore est prêt à tout afin d’asseoir son autorité auprès d’un groupe qui ne le supporte plus.

 

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3h08 – Tel est le temps qu’il vous faudra réserver afin de visionner ce chef-d’œuvre. Préparez les mouchoirs, ce film va vous mettre une telle claque que vous ne vous en remettrez pas de sitôt. La vie / la mort, le bien / le mal, la maladie / la santé. Tout est lié.

 

Rentrons dans le détail, sans spoiler :

Le long-métrage commence sur une scène au beau milieu d’un champ où s’effectue une grande battue. De nombreux hommes, marchant les uns auprès des autres, crient. Le temps est ralenti, le son est assourdi, les couleurs sont jaunâtres et la caméra nous bascule brutalement sur Paul, vieil homme seul en maison de retraite. Chaque matin, il part déjeuner dans les bois auprès d’une petite cabane abandonnée. Son air est songeur et fatigué. C’est lors de la diffusion d’un film, dans la pièce de vie pour personne âgée, que ses souvenirs remontent plus violemment qu’à l’accoutumée. Il se livre donc et explique l’histoire de ce couloir de la mort au sol vert “pisseux” (Terme du livre).

Énorme ellipse 60 ans auparavant. En 1935, l’histoire commence par un groupe de prisonniers travaillant sous un soleil battant avec un air de blues entremêlés aux violents coups de pioche. Un fourgon s’apprête à s’insérer dans la prison. Dans le Bloc E, Paul (Tom Hanks) tente de libérer sa vessie, mais souffre d’une terrible infection urinaire qui lui vide l’intégralité de son énergie. Alors qu’il essaye de faire bonne mine, lui et son collègue Brutus dit “Brutal” Howell (David Morse) prennent connaissance du prochain condamné à mort qui occupera l’une des cellules de leur Bloc.

“Place au mort ! Laissez passer le Macchabée !”

Un géant afro-américain du nom de John Coffee (Michael Clarke Duncan) fait son apparition à l’écran. La réalisation fait en sorte de le rendre le plus impressionnant possible avec des plans en contre-plongée.

Après son arrivé dans les locaux, Paul prends son accompagnant, Percy Wetmore (Dough Hutchison), à partie. Il lui reproche d’exciter les autres détenues avec ses paroles et son comportement déplacé.

Le jeune gardien obéit, mais garde un air de défiance envers son supérieur hiérarchique.

Alors que le colosse entre gentiment dans sa cellule après s’être présenté, il demande au gardien de laisser la lumière allumée mettant en avant le fait qu’il a peur du noir. Son comportement benêt et doux surprend Paul qui le rassure immédiatement. Intrigué, ce dernier lit son dossier et découvre les faits reprochés à John. La scène d’ouverture est maintenant expliquée. En parallèle, Hall Moores (James Cromwell), directeur du pénitencier, lui explique que Percy est protégé par sa tante qui n’est d’autres que la femme du gouverneur de l’état. Le but du jeune gardien étant de participer à une exécution, ce après quoi il partira. Il se confie également sur l’état de santé de son épouse qui semble gravement malade. Un point important pour la suite du récit.

 

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Concentrons-nous maintenant sur les personnages avant de citer certaines scènes clés du film.

Je commencerais par un fait, les acteurs sont magistraux. Aucune fausse note, c’est parfait.

Paul est donc le gardien-chef du Bloc E. Son rôle est de diriger son équipe ainsi que de rendre le dernier séjour des condamnés à mort le plus paisible possible avant de procéder à leur exécution par chaise électrique. Il souffre d’une maladie curable, mais préfère laisser son corps battre le mal plutôt que de consulter un médecin. Ça a un impact sur sa vie de couple étant donné qu’il ne peut provisoirement plus satisfaire son épouse. Il souffre de l’infection de façon spontanée. Que ce soit en pleine nuit à son domicile ou au travail. Quand l’envie vient, la douleur le tétanise et le vide complètement de son énergie. De nature calme et réfléchie, il se laisse emporter par l’aura intrigante de John Coffee. Très professionnel, la discussion sera toujours privilégiée à la punition. Même si parfois, il ne pourra pas faire autrement.

“Tu t’appelles John Coffee c’est ça? Oui, comme le café sauf que ça ne s’écrit pas pareil.”

John est l’élément central du film. Ce géant au regard d’enfant est condamné à mort pour des faits horribles envers deux jeunes filles. Elles ont été retrouvées dans ses bras, sans vie. Son vocabulaire est simple, mais ses phrases sont pleines de sens. Il ressent le bien et le mal. Il est capable de faire la différence entre les deux. Il possède un pouvoir surnaturel qui fait penser qu’il pourrait être une divine créature de Dieu. Hypothèse envisagée par Paul après de multiples démonstrations. Malgré tout, John souffre de la nature humaine et est malheureux. Il ressent toute la violence de ce monde et ça le peine.

 

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Un autre personnage phare : Percy. Lui, vous allez le détester. C’est l’archétype de la pourriture née. Un petit con pistonné qui n’a qu’un seul but, assister à une exécution. Mais au fur et à mesure du long-métrage, on comprendra que son désir s’accroît et qu’il usera de chantage afin d’aller encore plus loin. Son comportement est odieux. Il traite les prisonniers comme des moins que rien et souhaite les humilier afin d’assouvir un besoin de pouvoir et de puissance. Manipulateur, il sait prendre son mal en patience. Il n’est pas aimé de ses collègues qui le rejettent sans ménagement. Et pourtant, Percy est également un peureux, une mauviette et une “couille molle” comme dirait un personnage du film. Alors que ses collègues se font agresser par un détenu peu conventionnel, il est tétanisé. Idem plus tard, alors qu’il est en difficulté face à ce même détenu, il commettra un acte qui aura des conséquences mentales terribles pour lui et la suite du récit.

Mis à part John Coffee, il y a trois autres détenus dans le Bloc E. Le premier à emprunter le couloir de la mort est un Indien du nom de Arlen Bitterbuck. Son personnage n’est pas important en soi. Il sert au récit notamment pour montrer la mise en scène des exécutions. Dans un premier temps, la veille et en compagnie du concierge, ils répètent à deux reprises la “cérémonie” avant le grand jour. C’est assez détaillé, Percy fait d’ailleurs office de spectateur pour ce premier moment fort. On voit l’envers du décor et Paul met en garde ses collègues contre un éventuel fou rire lors du jour J qui pourrait être totalement irrespectueux suite au comportement délirant du testeur de siège.

Édouard Delacroix est le second prisonnier pensionnaire du Bloc. Il possède un comportement enfantin et apprivoisera une souris du nom de “Mister Jingle”. Celle-ci rendra folle Percy qui fera tout pour la tuer. Édouard semble déconnecté de la réalité et ne se rendra même pas compte de sa situation. Il est un noeud émotionnel important du récit du fait qu’il sera victime de vengeances à de nombreuses reprises.

Le dernier condamné à mort arrivera bien plus tard. William “Billy The Kid” Wharton est le mal incarné. Il fait office de ressort humoristique tout en étant un point dramatique important de l’histoire. Il en fera voir de toute les couleurs à ses geôliers, mais surtout à Percy qu’il terrorisera. Sa relation avec John sera électrique (sans jeu de mots)

 

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Pour terminer, concentrons-nous rapidement sur l’équipe de Paul.

Brutus Howell, Dean Stanton et Harry Terwilliger sont les trois gardiens qui accompagnent notre personnage principal dans le récit. Le premier cité est son adjoint et c’est lui qui revêt le plus d’importance. Si dans le livre, il est très présent, c’est beaucoup moins le cas dans le livre. Malgré tout, sa présence est primordiale pour Paul et le rappeler à l’ordre de temps en temps. Les deux autres sont des personnages bien joués, mais auxquelles je n’aurais pas grand-chose à dire.

Hall Moores est le directeur de la prison. Il est très proche de Paul, ils sont amis. C’est une personne autoritaire, mais qui souffre de l’état médical de son épouse qui meurt à petit feu et dans une souffrance extrême. John pourrait-il faire quelque chose?

 

La réalisation de Frank Darabont est incroyable.

Vraiment parfaite, passant sans problème du rire aux larmes. Certains fondues de caméra sont saisissant. Je pense notamment au moment où ils s’entraînent pour l’exécution du détenu Indien. Tandis que ce dernier voit ses filles pour la dernière fois de son existence, eux sont morts de rire face aux pitreries du concierge qui fait semblant d’être électrocuté sur la chaise. Paul rappel à l’ordre tout le monde et la caméra glisse tout en faisant apparaître les personnes qui assisteront au décès, cette fois-ci, réel détenu sur le meuble. Le silence est de mise et l’on entend les respirations ainsi que les aiguilles de l’horloge jusqu’au moment fatidique. On aura également une ambiance électrique (dans tous les sens du terme) pour une autre exécution. Un orage violent accompagnant le futur “Macchabée” comme dirait Percy.

La bande originale est bonne. Les morceaux sont bien choisis. Je pense à une musique cocasse lorsque les gardiens cherchent à retrouver la souris qui se cache dans le mitard.

Comme toujours avec Stephen King, l’histoire principale à du mal à démarrer. Il faut bien une bonne heure avant de revoir John Coffee. Malgré tout, on ne s’ennuie pas. Et c’est ça qui est dingue. Même si ça paraît lent, la mise en scène reste assez dynamique pour que l’on reste concentré.

 

Ce film est dingue. Une histoire, des acteurs et un réalisateur de génie donnent un pur chef-d’œuvre. Il est culte et il faut le voir au moins une fois dans sa vie. Tout cinéphile qui se respecte l’aura forcément vu. Et toute personne qui possède un cœur n’y restera pas insensible. Un poil long pour ceux qui n’ont pas l’habitude. Je me demande encore pourquoi je ne mets pas 10/10…

 


3 commentaires »

  1. Ce film-là a le pouvoir de faire pleurer n’importe quel être humain sur terre.
    Je l’ai vu une fois et j’ai lu le livre aussi.
    La tristesse a tellement pris le dessus sur le reste que je n’ai jamais essayé de le revoir…

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