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Il est temps d’analyser ce chef-d’œuvre.

 

La critique originale sans spoilers est ici : https://lavisduneophyte.com/2017/12/24/mon-avis-sur-the-dark-knight/

Bien entendu, je ne pourrais pas décrire le film dans son intégralité. Je vous raconterai les scènes qui m’ont le plus fait réagir (et il y en a beaucoup). Je suis bien sûr prêt à débattre avec vous sur les séquences qui vous tiennent à cœur et sur le long-métrage lui-même.

Une nouvelle fois, l’interprétation des paragraphes suivants est purement subjective.

Voici les 9 points-clés :

 

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Un casse de clowns

L’utilisation d’un gang de clowns qui est voué à mourir né. Je parlais des Échecs (le jeu) dans la critique, c’est le cas ici. Les malfrats sont considérés comme de simples pions par le Joker. Les uns s’éliminent après les autres. Ordre reçu de l’ennemi juré de Batman de façon totalement confidentielle. L’idée est bigrement saugrenue. Je retiendrais deux moments géniaux dans ce prélude :

Alors qu’ils ne sont plus que deux dans la banque, une fusillade éclate entre le directeur des locaux et les braqueurs. Vite interpellé, l’un des deux demande à l’autre s’il est à sec (de balles), auquel le second lui réponds que “Oui”. Du coup notre premier clown finit de vider son chargeur, mais n’a plus de munitions pour tuer son homologue ! C’est quand même vachement osé. S’il ne se pose pas la question, le film est terminé. Bref, on connaît la suite. Le bus débarque, tue celui-ci, et le second qui n’était d’autres que le Joker lui-même exécute le chauffeur.

Le deuxième moment se situe lorsque que le directeur de la Banque agonise sur le sol et menace verbalement notre grand méchant. Ce dernier lui colle littéralement une grenade entre les dents. La goupille reliée au bus qui s’éloigne doucement au beau milieu d’un long cortège de ses semblables carcasses jaunes. Avec toute la violence montrée jusqu’à maintenant, on s’attend bien évidemment à une fin tragique. Et c’est finalement la première fois où l’on se rend compte du côté malsain du personnage. Capable de tuer ses alliés de sang-froid tout en étant capable de faire croire qu’il va mettre fin aux jours d’un pauvre citoyen. Alors que non… il s’amuse de cela. Ces cinq premières minutes sont tout simplement géniales en terme d’écriture.

Pour citer rapidement la première scène où l’on voit notre chevalier noir, j’ai été agréablement surpris de revoir un acteur que j’aime beaucoup : Cillian Murphy dans le rôle d’un épouvantail qui, c’est vrai, fait un peu pitié. Malgré tout, son apparition fut très sympathique et nostalgique.

Bruce contre Harvey / Joker contre Maroni :

Lorsque Bruce Wayne rencontre par hasard Rachel et Harvey dans un restaurant aisé de la ville, il n’hésite pas à utiliser le pouvoir financier de son héritage afin de se joindre à leur table. Comme je l’ai dit lors de mon encart de Noël, le premier contact entre les deux hommes est convainquant. Notamment, car il a devant lui un être intègre et puissant politiquement qui soutient les actions et la bienveillance de la chauve-souris. Mettant en avant sa volonté de l’aider à lutter contre le crime, n’hésitant pas non plus à laisser ses hôtes croire qu’il est l’homme masqué. Ce qu’il aimerait être. Il est voué de toute façon à devenir un Chevalier Blanc.

Bruce est très attentif à la conversation et pense déjà à lui confier les clés de Gotham. En tant que spectateur averti, je reste très sensible (à ce moment-là) à l’évolution d’Harvey.

Pour se remettre rapidement dans le contexte, un riche homme d’affaires japonais traite avec Maroni pour blanchir de l’argent sale. Des affaires de vilains… Argent malheureusement volé plus tôt par le Joker dans la banque de la ville.

Alors qu’ils se réunissent dans une planque, ils reçoivent la visite surprise du clown. C’est ici où je me demande si Heath Ledger a improvisé son… rire. Un rire sous forme d’un improbable mélange de voyelles tellement… foutage de gueule ! Épatant.

S’en suit la scène du tour de magie avec le crayon et la menace de faire exploser sa veste bourrée de grenades (qui, rappelons-le, sont probablement inoffensives. Là est la folie du mec). Une seule chose l’intéresse à ce stade, attirer l’attention de Batman. Car non, il n’a jamais eu l’intention de le tuer. Il veut savoir jusqu’où iront ses capacités mentales et ses convictions. On y reviendra !

D’un point de vue mise en scène, la séquence suivante est l’une des plus réussies du film :

Batman part à Hong Kong afin de kidnapper le mafieux asiatique dans le but de le livrer à la police de Gotham car, ceux-ci ne peuvent bien évidemment pas intervenir en dehors du territoire. Le stratagème de Bruce Wayne est d’ailleurs très ingénieux pour quitter sa ville sans se faire remarquer. Les plans de nuit dans la métropole asiatique sont sublimes et nous avons lors de ce passage la première utilisation des “sonars” mis au point par Lucius Fox. Les combats et chorégraphies sont soignés. Les bombes collantes qui explosent au meilleur moment tandis que notre personnage principal s’évade via un parachute qui s’accroche avec un timing formidable à un avion en plein vol. C’est magique, inspiré et beau.

 

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Batman contre Joker : Première rencontre.

Je passe volontairement certains éléments afin d’atterrir au premier moment vraiment stressant du film.

Comme cité plus haut (n’étant pas un érudit du cinéma, j’emploierai mes propres termes), nous avons affaire à trois scènes en simultanés, rythmées par cette fameuse note stridente de Zimmer. Lors de la soirée de charité, Bruce, après avoir fait son entrée fracassante, kidnappe Dent pour le mettre à l’abri d’un énorme danger. Dans le même temps, la juge chargée d’un procès important descend du commissariat en direction de sa voiture. Dans un troisième temps, le commissaire de Gotham City qui s’entretient avec Jim Gordon se verse innocemment un dernier verre de Whisky. Finalité : l’une meurt dans une terrible explosion tandis que l’autre succombe à un poison mortel.

Et puis vint le nouveau show d’Heath Ledger !

Arrivant au manoir, il se promène parmi les convives. Prenant une coupe de Champagne avec tellement de vigueur que celle-ci est déjà quasiment vide au moment de la porter à sa bouche (Improvisation?). S’approchant lentement et avec dextérité de Rachel en lui racontant une histoire totalement bidon jusqu’à l’arrivée de l’homme chauve-souris. Quand celui-ci arrive, sa première demande est celle qu’il a rendue publique quelques heures plus tôt : qu’il ôte son masque. Il comprend tout de même assez rapidement qu’il ne le fera pas…

Le choix des mots sur la séquence suivante et très intéressant. Retenons ces deux répliques : “Lâche là” “Bien piètre choix de mots”

Quel est le but du Joker cette fois-ci ? Tester une nouvelle fois le héros !

Le stoppera-t-il tout de suite? Bien sûr que non. Le choix de Batman de sauver Rachel est riche en information pour lui : il sait désormais que son alter ego n’est pas prêt à sacrifier la moindre vie, et qu’il est probablement très attaché à la jeune femme. D’ailleurs, plus tard dans le film, le Joker confiera à Dent qu’il croyait qu’il était Batman par rapport à cette affection.

Encore une fois, c’est joliment pensé et très bien agencé.

Harvey Dent contre Double face :

Sautons encore quelques scènes, Harvey Dent vient de kidnapper un “terroriste” qui a tenté d’assassiner le Maire lors des funérailles du Commissaire de Police. Et Gordon est laissé pour mort après s’être sacrifié au même moment. D’ailleurs, la séquence où la police vient annoncer le décès à sa famille est tellement triste… Bref, continuons sur notre procureur. Voici enfin le moment où il déraille totalement. Enfin, presque… C’est exactement ce que j’attendais et ce que je craignais de ne pas voir. Harvey Dent devient fou avant de devenir Double-Face. C’était inéluctable. Devant un personnage incontrôlable nerveusement, il utilise désormais sa pièce de monnaie pour choisir s’il va vivre ou mourir. Le jugement par le hasard. Le seul moyen pour lui de justifier ses actes non assumés. Batman reste l’un de ses seuls liens avec le bon côté de sa personnalité et c’est donc lui qui stoppe momentanément cette action malheureuse.

 

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Batman contre Joker : L’interrogatoire

Batman est tellement le seul lien d’Harvey que ce dernier se fait passer pour lui lors d’un discours devant la presse. On comprendra par la suite que c’est bien évidemment un piège pour attirer le joker afin de le mettre hors d’état de nuire.

Bruce Wayne ne semble pas forcément en être averti, car il est surpris par la décision du procureur. Un peu plus tôt, le réalisateur nous faisait croire qu’il allait se livrer aux autorités après une profonde discussion avec Alfred.

Dent est donc emmené dans un fourgon blindé en direction de la prison. C’est à ce moment précis que commence l’une des plus grosses scènes d’action du film.

Les sbires du psychopathe et lui même tentent de stopper le convoi par tous les moyens alors que Batman sort du garage son fameux Tank et les prend en chasse. Les effets spéciaux dans le tunnel ainsi qu’en dehors sous une nuit cristalline sont magnifiques. Tellement bien gérés. Entre transformations de Batmobile en Bat-Pod suite à un tir de lance rocket et une nouvelle confrontation entre nos deux alter ego. Un peu hésitant au début, le Joker tire profit de l’un de ses premiers enseignements. Il se met face au justicier masqué et lui demande de lui foncer dessus et de mettre un terme immédiatement à cette folie, sachant pertinemment qu’il ne le fera pas.

Épreuve de nerfs. Finalement, Batman l’évite et termine sa course dans la carcasse du poids lourd. Le Joker le réprimande (il aime ça) et est à deux doigts de lui arracher son masque quand Gordon (et non, il n’était pas mort) le prend en joug et le jette derrière les barreaux.

Mais on verra par la suite qu’en fait, c’est le clown qui aura un coup d’avance.

Batman contre Joker : Sacrifice

Ce long métrage est un enchaînement de séquences. La suite des événements se déroule au commissariat et dans les rues de Gotham. Nouvelle improvisation de Heath Ledger sur les applaudissements envers la promotion de Jim Gordon.

On entend déjà beugler le criminel qui lui servira de clé de sortie. Pour le coup, c’est vraiment quelque chose de typique du Joker. C’est horrible, drôle et malsain à la fois. Il avait déjà planifié son évasion avant même qu’il ne soit arrêté. Surtout quand il demande un peu plus tard s’il peut passer son coup de fil après avoir éclaté la tête de son surveillant de cellule.

Entre temps, nous avons eu le droit à une nouvelle confrontation entre le bien et le mal.

Au fur et à mesure de la conversation, Batman se rend compte qu’ils se sont tous fait piéger.

« Tuer, c’est faire un choix ! C’est choisir entre une vie plutôt qu’une autre… »

Le bouffon fait comprendre à son interlocuteur qu’il ne veut surtout pas le tuer, car il a besoin de lui et lui fait comprendre qu’ils sont tous les deux pareils : deux bêtes de foires. Le plan est tellement parfait qu’il a mis en contact direct Rachel et Harvey via un talkie-walkie. Ils sont tous les deux entourés d’explosifs avec un minuteur. Et vu le temps qu’il reste, ils se doutent fortement qu’ils ne seront pas tous les deux sauvés. Malgré qu’Harvey tente de rassurer Rachel, c’est bien elle qui a lâché prise nerveusement et qui fait ses adieux à celui qu’elle aime.

En simultané, alors que Batman donne l’ordre à Gordon d’aller à une adresse pendant que lui se dirige vers l’autre lieu (le Joker lui laisse les informations tout en lui faisant comprendre qu’il est trop tard pour sauver les deux), le Clown s’évade en faisant exploser sans remords le criminel plaintif. Encore une fois, une tension extrême se met en place accompagnée par la bande originale d’Hans Zimmer. Musique qui s’arrête au moment où Batman ouvre la porte d’un bâtiment et où l’on découvre de loin le procureur, face contre le sol après avoir essayé de s’échapper.

Finalement sa fiancée ne s’en sortira pas tandis que lui aura simplement le visage brûlé au troisième degré.

Cette scène est vraiment forte en émotion. Notre héros choisit le bien de sa ville plutôt que ses sentiments personnels. C’est comme une partie d’échecs, il a dû sacrifier sa reine pour que Gotham reste debout sur l’échiquier.

Ce qu’il ne sait pas à ce moment de la trilogie, c’est que sa bien-aimée ne l’aime plus et souhaite rompre complètement les ponts avec lui. Elle a confié ces mots à Alfred dans une lettre qu’il a lu. Pour le bien de Bruce, il décide finalement de la cacher et de la brûler.

 

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Harvey Dent est mort, vive Double face :

On arrive donc au dernier tiers du film.

En découvrant son visage tuméfié, Harvey Dent sombre définitivement vers le côté obscur de la force. La naissance de Double-Face. Son cri est rageur et rempli de haine.

De son côté, le Joker brûle l’intégralité de son argent gagné en affirmant que Gotham est sa ville. Il sait que le combat n’est pas terminé avec le justicier et c’est évidemment la seule chose qui l’anime.

C’est finalement de l’intérieur de Wayne Enterprise que naît un nouveau danger. Un employé a découvert le secret de Bruce Wayne et décide de le dévoiler à la télévision. Ce n’est pas du goût du Joker qui interpelle immédiatement le média en affirmant que : si l’employé n’est pas mort dans l’heure par l’acte d’un citoyen de Gotham, il détruira sans le moindre remords un hôpital de la ville (raison surtout pour mettre Double Face de son côté et de lui monter le cerveau afin de devenir le « Chaos » et de l’aider à détruire son ennemi ultime)

Le symbole est grand de voir Bruce Wayne sauver ce pauvre employé en détruisant volontairement sa Lamborghini Murcielago (devinez ce que ça veut dire en Espagnol).

L’hôpital explose, après avoir été tout de même évacué, avec une nouvelle improvisation du regretté Ledger. De son côté, Double Face décide enfin de se venger.

Batman contre Joker : le début d’une grande histoire d’amour

Le Joker termine son test psychologique avec notre chauve-souris en le mettant au défi de sauver l’intégralité de deux bateaux chargés d’honnêtes citoyens d’un côté et de criminels de l’autre. Chacun sachant évidemment que l’autre bord peut les faire exploser à tout moment.

Batman sait pertinemment que les choix effectués par la population seront les bons et se jette à corps perdu vers son ennemi, localisé par les téléphones sous forme de sonar inventé par Lucius Fox. Une couche d’écrans phénoménale qui ne plaît guère à l’ingénieur, mais qu’il décidera ensuite de détruire lorsque celui-ci aura résolu sa dernière énigme.

Le Joker veut se faire attraper, il veut jouer. Un jeu de chat et de souris où personne ne gagne. Il sait qu’il ne mourra pas et ne le tueras pas non plus. Il élabore un dernier piège en grimant des civils en sbires qui pourraient être pris pour cible par la police. Batman les en empêchera. C’est lors de cette séquence que Double Face contactera Gordon, alors au front, afin de lui annoncer l’enlèvement de ses proches. Le rendez-vous est fixé à l’endroit de la mort de Rachel.

Sur les bateaux, la tension est à son comble avec les civils qui sont morts de trouille et qui hésitent à sacrifier l’embarcation concurrente. Finalement, ce sont les criminels qui décident de jeter le détonateur par la fenêtre. Alors que tout le monde est à l’abri, le dernier face en face a lieu entre le bouffon et la chauve-souris. Assez aisément, Batman prendra le dessus sur son adversaire. Malgré tout, le sentiment de victoire sera biaisé par le fait que le Joker lui met devant les yeux une réalité implacable.

“Tu refuses de me tuer par sentiment de noblesse imaginaire.”

Alors que lui refuse de le tuer, car il est amusant. L’un qui prend sa mission au sérieux tandis que l’autre joue. Comme un gosse. Pendu par les pieds au bout d’un câble, rattrapé par une autorité. Le gendarme et le voleur, un père et son fils. Un être qui se refuse de le punir à la hauteur de ses actes afin d’entretenir la validité de son personnage. Le superhéros gagne le combat, mais perd la guerre psychologique. Son adversaire vient de remettre en cause l’intégralité de son existence. À de nombreuses reprises, il lui a montré que les dilemmes qu’il lui a proposés sont les fruits de sa volonté d’imposer sa propre loi dans une ville qui ne le respecte même pas. Et c’est en comprenant cela que notre justicier va, malgré sa victoire, sacrifier son costume pour la postérité de Gotham City.

Batman contre Double face :

En parallèle, non loin de là, Double Face tient en otage les membres de la famille de Gordon. Ce dernier représente aux yeux de Dent le dernier homme intègre de la ville.

Le choix? Sa femme ou son fils.

Le suspense et la tension sont à leur paroxysme. Hans Zimmer nous plonge de nouveau dans une atmosphère terrible. Dent fustige Batman et l’assimile à un Démon. Des paroles qui ont pour but de sonner aux oreilles de Gordon comme un aveu.

Une nouvelle fois, au-delà du duel vilain contre gentil, on a affaire à une nouvelle manipulation du clown qui utilise l’ancien chevalier blanc de Gotham pour détruire la vie du commissaire tout en lui faisant comprendre que tout ceci ne serait pas arrivé sans Batman. Ce dernier arrive sur place et maîtrise une nouvelle fois rapidement son adversaire dans un stress insoutenable.

Gordon lâchera :

“Le joker a choisi le meilleur d’entre nous et la démolit”.

Ce à quoi notre héros lui demandera de cacher les méfaits de Double-Face afin que le Joker ne gagne pas. Il souhaite que Dent soit loué pour être mort en héros tandis que lui est désigné comme meurtrier.

Le danger est écarté, mais le héros est dévasté. Bruce Wayne reprend les commandes et lâche la cape afin de ne plus attirer d’ennemi à la hauteur de son entité. Plus il sera fort, et plus il aura de l’adversité. Cette bataille est terminée et les effets sont dévastateurs.

Le long-métrage se termine sur ces mots :

“Il est le héros que Gotham mérite, pas encore celui que les citoyens ont besoin. Alors on va le traquer ! Ce n’est pas un héros, c’est un ange gardien silencieux, un protecteur vigilant, un chevalier noir”

 

merci


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