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“Vends-moi ce putain de stylo”

 

Jordan Belfort découvre le monde de la finance à l’âge de 22 ans. Un monde qui semble si différent de ce qu’il avait imaginé et auquel il va merveilleusement bien s’adapter.

Suite au krach boursier de 1987, lors de son dépucelage en tant que courtier confirmé, Jordan est contraint de proposer ses services à une petite compagnie de courtage. Celle-ci ne vend que de faibles actions afin de pouvoir grossir ses marges. Mettant en application l’intégralité de ses acquis, le jeune homme commence à bien gagner sa vie et décide finalement de monter sa propre société : Stratton Oakmont. Entourée de ses associés, l’entreprise se fait rapidement remarquer et attire l’œil du FBI qui émet de sérieux doutes sur la légalité de l’affaire. Entre argent qui coule à flot, drogue, femmes… Jordan ne manque pas d’idées afin de satisfaire ses collaborateurs et d’échapper à la surveillance accrue de la police.

 

Adaptation du roman éponyme de Jordan Belfort, celui-ci prouve que son influence n’a pas de limite ni de date de péremption. Réussir à faire en sorte que son livre devienne un long-métrage à succès avec l’un des meilleurs acteurs et l’un des meilleurs réalisateurs de nos temps modernes. Génial.

Toutefois, attention, car le long-métrage met aussi bien en avant les qualités et les défauts de l’homme. Si l’on pourrait penser que ce film est un hommage à un manipulateur sans équivaut, il sera pointé du doigt à de nombreuses reprises. Notamment par rapport à son comportement cruel envers ses associés et son épouse.

 

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Ce Jordan Belfort interprété par Leonardo DiCaprio est terrible.

Le film commence sur une publicité de Stratton Oakmont mettant en avant le dynamisme et la réussite de la toute jeune entreprise suivi par une séquence où l’on voit l’acteur principal et l’un de ses acolytes procéder à un jeté de nain dans une salle en délire. Martin Scorsese nous met dans le grand bain dès les deux premières minutes. L’action est coupée et nous avons le droit à un retour en arrière avec l’entrée du jeune homme, âgé alors de 22 ans, dans une entreprise nommée L.F. Rothschild. Se considérant déjà comme un petit con cupide, il est pris sous l’aile de Mark Hanna (Matthew McConaughey) qui lui explique calmement que la finance n’est qu’une illusion. C’est la première scène culte du long-métrage. Il lui apprendra tous les vices de ce monde où l’argent coule à flot jusqu’au jour où Jordan obtiendra sa licence de courtier, soit 6 mois plus tard.

“Wall Street m’avait avalé et chié dans la foulée.”

C’est avec cette phrase que Jordan résumera son premier jour en tant que courtier confirmé. L’entreprise de Wall Street coule comme toute la bourse internationale et le jeune homme, fraîchement marié, doit trouver un nouvel emploi. Lorsque son épouse lui montre l’annonce d’une petite boite locale, Belfort fonce et se retrouve confronté à un marché bien plus petit que ce qu’il avait l’habitude de côtoyer. Dans un premier temps perplexe, il met en œuvre ses techniques de vente et impressionne l’intégralité de ses nouveaux collègues. Ses commissions ne sont plus de 1% comme auparavant, mais de 50%.

Il devient rapidement riche et croise, non pas par hasard, la route de son voisin Donnie Azoff (Jonah Hill) qui lui offre ses services gratuitement suite à un dialogue d’anthologie. C’est alors qu’une idée brillante vint à l’esprit de Jordan qui décide de créer sa propre entreprise en engageant des connaissances de son quartier d’enfance et en y appliquant et leur apprenant ses propres méthodes de travail.

“La vente” est la seconde scène culte du film. Un Leonardo DiCaprio déchaîné qui éclabousse de son talent une séquence de manipulation extrême. Le manque de respect est plus que présent. C’est génial et terrible à la fois.

Au fur et à mesure de son succès, l’entreprise s’agrandit. Et la décadence s’installe durablement. Les vices se sont frayé un chemin parmi un groupe de personnes totalement déconnecté de la réalité. Vivant dans un mensonge permanent. La presse dézingue Stratton Oakmont et les effets en sont plus que bénéfiques.

 

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Puis vint le moment où Jordan Belfort va rencontrer Naomi (Margot Robbie) qui va devenir l’objet de ses désirs les plus fous. Une femme fatale, belle et caractérielle qui va être aussi attirée par lui que lui par elle. Dans un premier temps réticent au fait de tromper sa femme, ses pensées et les événements vont rapidement et définitivement le recadrer sur le chemin de la grandeur.

“Comme vous l’avez sûrement deviné, je l’ai baisé à mort !”

Par la suite, c’est avec le FBI qu’il va être rencardé, plus précisément l’agent Patrick Denham. Il y aura peu de confrontations entre les deux personnages… mais quelles confrontations ! Si l’un est sûr de lui et pense trouver les arguments pour manipuler son invité, l’autre saura habilement retourner la situation et poussera le patron de Stratton Oakmont à cacher son argent sale en Suisse.

Bref, trois heures de films, sachez qu’à aucun moment vous ne vous ennuierez, car le tout est remarquablement rythmé et réalisé.

Les acteurs sont tout simplement excellents. Peu importe la durée de leurs apparitions, le casting est de toute beauté. Concernant Leonardo DiCaprio, ont s’attendait évidemment à de la très grosse performance. Mais celle-ci est tellement énorme qu’il aurait dû recevoir l’Oscar du meilleur acteur. Margot Robbie est la révélation du film. Elle est incroyable. Son apparence poupée cache en réalité un personnage haut en couleur qui en fera baver à son homologue masculin. Jonah Hill est hilarant. Tous les acteurs sont portés par un long-métrage hors du commun.

 

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Martin Scorsese a créé un monstre. Son plus gros succès. Au-delà du scénario, la réalisation est très excellente. Le personnage principal, accompagné de ses pensées via une voix off et narrative, s’adresse de temps à autre aux spectateurs. Et c’est bougrement intelligent.

Le rythme est fort, très peu de plans-séquences. La colorimétrie est très vive, souvent dans le jour avec des couleurs chaudes, très peu dans une ambiance nocturne. J’ai compté au minimum quatre scènes cultes, ce qui est énorme pour ce genre de réalisation cinématographique.

Globalement, la bande originale est festive avec des musiques entraînantes plus ou moins d’actualités. Certaines serviront à mettre en scène des séquences sur un rythme soit accéléré, soit ralenti.

On a également le droit à un véritable court de vente. Comment faire miroiter du rêve pour s’en mettre plein les poches. Certains termes ou mots pourront vous perdre? Même pas, Scorsese a pensé à tout. Le narrateur est ultra important, entre pensées divergentes de la réalité, flashback contredisant totalement ce que le personnage raconte dans la scène et explication de journées types… Toujours dans la mise en scène, une séquence géniale entre DiCaprio et Dujardin qui se parlent de façon courtoise en public tout en se défiants par la pensée.

Je tiens également à féliciter le travail de doublage. La version française est parfaite. Les voix sont respectées et sans réelle censure sur les dialogues.

Petite alerte tout de même, je déconseille vivement ce film aux personnes de moins de 16 ans. Argent, alcool, drogue, prostitution, langage excessivement fleuris… vous m’avez compris. Le tout entouré de quelques courts débats sur le lancer de nains, l’épilation des femmes ou quelle drogue produit le meilleur effet…

 

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Pour conclure, je ne conseille pas ce film à tout le monde, car il est très vulgaire. Mais au-delà de ça, c’est une composition complète et magnifique qui en dit plus qu’on ne pourrait le penser. Les messages cachés sont nombreux. La réalisation est aux petits oignons. Peut-on parler de film culte? D’un certain point de vue, OUI.


3 commentaires »

  1. Je suis d’accord : Dicaprio aurait dû recevoir l’Oscar pour ce film (rien que pour la scène du « I’ve been a poor man and I’ve been a rich man et I choose rich EVERY . FUCKING . TIME. » …).
    Je suis plus mitigée que toi sur l’ensemble du long métrage par contre. La première partie est excellente, mais arrivé à la moitié, le rythme s’essouffle brusquement et ça traîne en longueur jusqu’au final… Il a le FBI sur le dos, sa femme qui le quitte, ses collaborateurs qui ne savent plus à qui faire confiance, etc, mais on ne sent pas la tension ni l’angoisse du personnage. Alors que Dicaprio reste excellent, c’est comme si le contexte suivait plus derrière… Je sais pas si je suis claire ? 😀

    • Problème de direction d’acteur? Peut-être, je n’ai pas lu le livre de Jordan Belfort. Il serait intéressant de voir comment il a vécu la chose et du coup si ça a été retranscrit fidèlement par Scorsese 😊

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