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Los Angeles est le lieu de rencontre entre deux âmes perdues qui vont s’aider l’un et l’autre à atteindre leur rêve personnel à travers une relation fusionnelle. Mia enchaîne les auditions afin d’obtenir enfin un rôle qui lui permettra de faire décoller sa carrière tandis que Sebastian ne supporte plus de voir le Jazz mourir. Il veut mettre un coup de pied dans la fourmilière et redonner ses lettres de noblesse à un style de musique qu’il affectionne plus que tout au monde.

Vous aimez les comédies musicales ? Pas besoin de lire la suite, vous allez adorer ! Sinon, je vais tenter de vous expliquer en plusieurs points pourquoi ce long-métrage de Damien Chazelle est un bijou.

Nous avons ici clairement deux personnages principaux qui seront accompagnés de quelques personnages secondaires et de caméos.

Une fois n’est pas coutume, commençons par le meilleur.

 

 

Je ne comprends pas comment Ryan Gosling, qui interprète Sebastian, est passé à côté de l’Oscar du meilleur acteur…

Souvenez-vous de son rôle dans Drive, de celui dans The Place beyond the Pines ou encore dans Only God Forgives. Et bien ici, la différence est saisissante. Il est tout simplement parfait, vivant, talentueux. Pas qu’il était mauvais avant, mais il a réussi à se renouveler au prix de gros efforts. Grand chapeau à lui d’avoir réussi le défi d’apprendre à jouer du piano, à chanter et danser uniquement pour ce rôle. J’y reviendrais.

Sebastian est un homme fauché, qui vit grâce à ses prestations comme pianiste dans des restaurants bobos où il est cantonné à jouer des répertoires imposés qui l’ennuient au possible.  Lui, ce qui le fait vibrer, c’est le Jazz ! Habile de ses doigts, il caresse les touches blanche et noire avec autant de douceur que d’habileté. Malheureusement, il constate que ce style de musique meurt. Et il ne comprend pas. Pire, il ne l’accepte pas. L’un des clubs où il avait l’habitude de faire ses gammes s’est transformé en bar à tapas… Une horreur pour lui et il est bien décidé à affronter vents et marées afin de remettre le Jazz sur le devant de la scène.

C’est un personnage très combatif et positif. Rien ne l’atteint. Comme il le dit, il laisse la vie lui mettre des coups et quand elle aura terminé, il les lui rendra. Son optimisme deviendra contagieux et donnera beaucoup de force à l’autre protagoniste : Mia.

Elle, l’a eu l’Oscar de la meilleure actrice. Emma Stone est possédée dans ce filmSes appétences pour le chant et la danse sont des atouts indéniables pour son rôle. Même si elle a dû travailler dure afin de se transcender sur les plateaux de tournage, ça aussi on y reviendra ! Je n’ai pas vraiment de références la concernant, ayant vu qu’un seul de ses films (Gangster Squad).

 

 

Mia a quitté sa famille six ans plus tôt afin de vivre son rêve à Los Angeles. Talentueuse actrice, elle enchaîne les castings sans grand succès étant confrontés à une réalité impitoyable. En attendant, elle travaille dans une sorte de Coffee Shop en tant que serveuse. Elle est de nature stressée, mais garde la tête haute tout en accusant les coups par-derrièreDans sa vie personnelle, elle semble tout de même côtoyer un milieu aisé qui l’ennuie totalement malgré qu’elle prend plaisir parfois à s’évader de son monde avec ses amies. Jusqu’au jour où elle entend la fameuse mélodie…

En pleine période de Noël, alors que la jeune femme quitte une fête seule et orpheline de ses copines déjà parties, elle vogue dans les rues de L.A. jusqu’au moment où elle entend une mélodie qui l’a fait rentrer dans un restaurant. Elle y aperçoit un pianiste au centre de la salle entouré de convives qui l’ignorent totalement. Elle est envoûtée par le morceau et le charisme de l’homme. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que Sebastian vient de rompre l’accord qu’il avait conclu avec le chef de salle qui lui avait seulement autorisé à jouer des partitions de Noël. Bien sûr, il se fait sévèrement sanctionner et est prié de prendre la porte. La première confrontation entre les deux personnages principaux sera très surprenante.

On retrouvera Mia et Seb lors d’une nouvelle réception où est conviée la jeune femme. Cette fois-ci, elle reconnaît le pianiste dans un rôle de claviériste pourvu d’un accoutrement atroce. Veste rouge et bas orange, Sebastian participe, à son grand désespoir, à mettre l’ambiance pour la fête. Elle se fera un plaisir de le taquiner en demandant au groupe une chanson mettant en valeur ses atouts et son charme. Ils se retrouveront juste après le morceau à l’initiative du jeune homme qui lui fait remarquer son manque de respect tout en s’excusant de son comportement lors de leur précédente confrontation. Le dialogue est génial, les coups pleuvent et pourtant on ressent déjà l’attirance qu’ils ont l’un pour l’autre.

Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils se rapprocheront. Lui l’invitant à découvrir le jazz et les vieux films alors qu’elle boit ses paroles et se détache avec plaisir de son monde. Ils seront maladroits, ça en deviendra même touchant. Bien sûr, certains événements mettront leur couple en difficulté.

Je pourrais raconter l’histoire dans ses moindres détails, mais ça n’aurait pas d’intérêt, donc j’en resterais là (pour le moment). Il y a énormément de moments forts, pas forcément en émotion, mais sur la puissance des paroles, des répliques. De la passion de Sebastian ou du désespoir de Mia. La fin étant un réel hommage à l’intégralité du film et le sentiment prédominant sera plutôt très positif.

 

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Au niveau de la réalisation, il y a beaucoup de choses à dire.

Dans un premier temps, le casting a été magnifiquement orchestré. À la base, c’est Emma Watson (qui décida finalement de jouer dans “La Belle est la Bête”) et Miles Teller (Acteur principal de Whiplash) qui devaient tenir les rôles principaux. Finalement, Damien Chazelle a choisi la complicité naturelle entre Emma Stone et Ryan Gosling considérant qu’ils forment tous les deux un potentiel couple mythique d’HollywoodOn retrouvera également un bon nombre d’acteurs proche du réalisateur ou de l’univers de la musique en général.

La narration est effectuée sous forme de saison. Printemps, été, Automne et hiver. Sur un an globalement. Chacune de ses saison correspond à une étape clé de la relation entre nos deux protagonistes.

Les paroles des chansons ne sont pas doublées en Français, vous entendrez donc la vraie voix des acteurs. L’aspect comédie musicale est vraiment présent au début du long-métrage. Il sert à mettre en scène les personnages, leur rencontre, le début de leur relation… Au milieu du film, ce sera beaucoup plus calme et basé sur l’intrigue. Puis les musiques reprendront de plus belle sur la fin. Chaque air représentant l’état d’esprit du (ou des) intervenant du moment.

Étant donné qu’Emma Stone et Ryan Gosling ne sont pas des chanteurs, danseurs et musiciens professionnels, on s’aperçoit très rapidement de leurs lacunes. Cela fait clairement partie du plan de Damien Chazelle. Son but étant d’avoir ses deux personnages centraux qui donnent plus d’émotions via leur fébrilité dans la performance globale de chaque tableau. Emma Stone brille vraiment sur la danse et sa voix est vraiment convaincante. Ryan a vraiment une classe naturelle dans ses gestes et une aura qui fait oublier son timbre un peu éraillé. Mais ce qui m’a le plus impressionné ce sont les scènes où il est derrière le piano… Je n’en croyais pas mes yeux. Je regardais avec attention les mains afin de voir si c’était bien lui qui jouait. Et comme nous avons affaire en général à de longs plans-séquences, il n’y a aucun doute sur le fait qu’il a du talent.

D’ailleurs, parlons-en vraiment de la mise en scène.

Beaucoup de longs plans-séquences.

Lors de la scène d’introduction, nous apercevons un bouchon sur une bretelle d’autoroute. S’en découle alors une longue scène de chant et de danse au beau milieu des voitures avec un cameraman qui a du avoir des suées froides. Reculant, traversant des obstacles, zigzagant entre les danseurs et les automobiles. Le tout sur une distance d’une cinquantaine de mètres pendant quatre à cinq minutes sans interruption (J’espère pour lui qu’il y a eu des coupures, si c’est le cas, c’est remarquablement bien monté). La scène se terminant sur un plan large et plongeant dans la voiture de Sebastian qui écoute à travers sa radio l’une de ses compositions pendant que Mia s’entraîne pour son audition dans la voiture juste devant lui.

Plus tard, on retrouvera nos deux protagonistes dansants sur une route avec en fond un magnifique coucher de soleil. Encore une fois, long plan-séquence, car il n’y a aucune coupure dans l’exécution du chant et de la danse. Le plus impressionnant est de savoir que l’arrière-plan était réel et qu’un coucher de soleil ne dure pas des heures.

Concernant les chorégraphies, une nouvelle fois au début du film, quand Mia part en soirée avec ses amies, elle se retrouve à un moment donné au beau milieu des convives qui sont totalement immobiles (ou au ralentis s’ils dansent) pendant qu’elle marche à vitesse normale. Tout cela suivant le rythme de la musique. C’est très beau.

 

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Il y a également un travail important sur les couleurs et sur la lumière. Globalement, on retrouvera beaucoup de couleurs flashies. Dans le film, Emma portera à tour de rôle des robes de couleurs verte, jaune, bleu et rouge. Très clinquantes. Les décors possèdent également cette gamme de couleurs. On est clairement dans un monde idyllique qui prête à procurer des émotions positives au spectateur. À lui donner le sourire.

En parlant d’émotions, celles-ci sont mises en valeurs par une lumière braquée sur les acteurs lors de moment important du récit. En général, les plans seront proches du visage des personnages. Il y a vraiment un gros travail là dessus mettant en avant les performances scéniques des acteurs.

Pour terminer, je vais parler rapidement des nombreuses références du film pour les grands classiques de la comédie musicale. J’ai bien entendu travaillé mon sujet. Si vous êtes fans de ce genre de film, vous risquez de remarquer beaucoup de petites choses qui, à moi, m’ont paru anodines. De nombreux clins d’œil (Poster, affiche, décors, objets…). C’est tout simplement un hommage au style.

Mon avis final :

Je ne noterais pas ce film, car je ne possède aucune référence sur le genre. Néanmoins, je l’ai apprécié. Beaucoup. Énormément en fait. Pourtant ce n’est pas vraiment pas mon style. Il possède un nombre incalculable d’atouts. Les acteurs, la mise en scène, l’enrobage, la musique, les couleurs, la lumière, l’histoire des personnages et de leur relation. Seul bémol, l’histoire en elle-même qui ne surprendra pas. Donc je vais m’atteler à regarder d’autres films de ce genre et je serais amené à peaufiner mon opinion.

Regardez-le, il est génial.


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