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“Ce n’est pas un héros, c’est un ange gardien silencieux, un protecteur vigilant. Un chevalier noir.”

Après avoir vaincu Ras Al Ghul et interpellé Jonathan Crane (l’épouvantail) dans l’épisode précédent, Batman collabore avec le lieutenant de la police de Gotham City, Jim Gordon, afin de réduire à néant l’organisation criminelle de Carmine Falcone. Avec l’appui du procureur Harvey Dent, ils devront faire face à l’ennemi le plus dangereux qu’ait connu le détective masqué. Un psychopathe aux cheveux verts, au costume violet et particulièrement connu sous le nom de Joker.

 

Pourquoi 10/10?

Ce film est tout simplement parfait. Étant un grand fan de l’univers de Batman, il est évident que mon avis sera loin d’être objectif. Et pourtant, nous avons ici un chef-d’œuvre, un film culte, une toile d’une valeur inestimable. Je rentrerais dans les détails par la suite, mais tout y est excellent : la bande originale, la mise en scène, les plans de caméra, le rythme du récit, le scénario, les rebondissements, les acteurs, l’ambiance…

Seuls trois films m’ont mis dans cet état cette année, et pourtant, je l’ai déjà vu à de nombreuses reprises avec à chaque fois le même émerveillement. Ce long-métrage, je le conseille à quiconque aime le cinéma. À quiconque souhaite oublier le présent et s’évader dans un univers imaginaire qui déboîte. L’univers de Batman, l’univers de Christopher Nolan, l’univers du très grand cinéma.

Avant de nous intéresser à l’histoire, intéressons-nous aux personnages.

 

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Il faut savoir dans cette nouvelle interprétation que Batman, le superhéros, est au sommet de ses capacités physique et mentale. Son aura est bénéfique pour sa ville. Il fait peur aux criminels et peu sont ceux qui osent encore l’affronter. Dans le même temps, la population de Gotham l’idolâtre. À tel point que certains citoyens s’identifient à lui et veulent participer et l’aider à lutter contre le crime.

L’une des scènes du début de film le démontre bien. Alors que l’un de ses anciens ennemis se permet un petit caméo lors d’un rendez-vous avec un gang, plusieurs faux Chevaliers Noirs tentent de les arrêter. Finalement, c’est Batman qui aura le dernier mot. Il en fera la remarque à Alfred plus tard pendant que celui-ci pansera ses blessures. Il a mission double désormais : lutter contre le crime et protéger toutes ces personnes insouciantes. Mais à aucun moment il ne les néglige, ni ne les rabaisse. Quand l’un d’entre eux, mécontent, lui demande la différence entre l’un et l’autre, notre héros se satisfera d’un simple “Je ne porte pas de protège-tibia”. À première vue, cette réplique possède un sens comique, pourtant, la signification est bien plus profonde.

Néanmoins, ses émotions le rattraperont tout au long de l’aventure. Car il ne faut pas oublier sa réelle identité : Bruce Wayne. L’un ne marchant pas sans l’autre.

D’ailleurs, parlons-en de notre milliardaire. Toujours interprété par l’excellent Christian Bale, le Bruce de Dark Knight colle parfaitement à l’image qu’il voulait faire paraître dans Batman Begins (le premier film de la Trilogie Nolan). Un jet setter, riche, beau, qui reprends l’entreprise de son père malgré qu’il semble complètement irresponsable. Je n’ai pu que sourire lorsque je l’ai vu débarquer en hélicoptère avec grand fracas et accompagné de deux Bimbo lors d’une réception organisée par ses soins (enfin, plutôt ceux d’Alfred) en l’honneur du procureur Dent. D’ailleurs, le premier contact avec celui-ci, qui eu lieu un peu plus tôt dans le film, est riche d’enseignement et très convainquant. Il distingue clairement un potentiel en la personne d’Harvey Dent, même s’il reste un concurrent pour sa très chère Rachel. Cette scène possède l’une des répliques clés du long-métrage.

Revenons à notre personnage principal. Bruce prendra des décisions réfléchies et saura écouter ses mentors, Alfred et Lucius Fox. Il saura garder son identité secrète même quand elle sera mise à mal par son ennemi juré. Et surtout, il mettra de côté ses émotions personnelles afin de faire les meilleurs choix pour sa ville. Son esprit souffrira bien plus que son corps, et cela aura des conséquences pour son avenir.

J’entends, de temps en temps, dire que Christian Bale est un acteur qui ne montre aucune émotion. Qu’il est froid et mauvais dans son jeu et qu’il ne dégage rien. C’est totalement faux. Il suffit de regarder ses autres rôles (American Psycho, The Machinist..) pour être convaincus du contraire. Dans ce Batman, il est tout simplement parfait. Tout ce que j’explique plus haut est l’œuvre de son interprétation. Bien sûr, dirigé par un grand Christopher Nolan. Soyez-en sur, le choix était le bon.

 

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Que serait Batman sans son alter ego? Sans son double maléfique? Sans l’homme aux cheveux verts et au costume violacé?

Le joker est sûrement l’un des rôles les plus difficiles à jouer. RIP Heath Ledger qui, on ne le saura jamais, aura pris le personnage trop à cœur. On est tous d’accord pour dire que cette interprétation est la meilleure. Son look dépravé, décoiffé, abîmé… ça a fait débattre lors des premières images de tournage. Et pourtant… Plus qu’une apparence, c’est une incarnation. Comment intégrer ce personnage dans un film si sérieux? Car oui, cette trilogie est tout sauf drôle. Elle est sombre, très sombre.

Doit-il faire rire ou doit-il faire peur? Si son humour est décapant, son rôle principal reste tout simplement de faire naître un gros sentiment de malaise.  Il s’apparente à un grand Maître d’échec : Kasparov contre Karpov, une véritable finale de Championnat du monde que notre psychopathe propose au détective. Chacune des apparitions d’Heath Ledger sur le grand écran est mythique. Ses confrontations, que ce soit face à Maroni, Batman, Rachel, Harvey ou Gordon sont tout simplement époustouflantes, avec, je l’imagine, une grande part d’improvisation. Je rentrerais ultérieurement dans les détails…

L’acteur est méconnaissable.

On se rend rapidement compte du décalage du personnage lorsqu’on l’écoute conter une histoire différente concernant les cicatrices qu’il possède à la bouche. “Pourquoi cet air si sérieux”.

Même le patron de la pègre, après avoir été saisi sans ménagement par notre détective, avoue qu’il voit le Joker comme un personnage sans attache, sans morale et qui n’a aucun but précis.

Le psychopathe teste son adversaire et apprend de ses réactions. Le provoque, souhaite casser sa ligne de conduite. Même s’il fait croire qu’il veut connaître l’identité de son adversaire, la réalité est différente. Il ne le souhaite pas. Il a besoin de lui pour “s’amuser” et veut garder cette part de mystère. Gotham est clairement son terrain de jeu. Il tape là où ça fait mal. À un don de prévision exceptionnelle. Un adverse très coriace.

 

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Continuons rapidement sur d’autres personnages.

Mis à part pour Rachel (Maggie Gyllenhaal remplaçant Katie Holmes), tous les autres acteurs ont repris leur rôle. Et bien leur en as fait. Gary Oldman est très convainquant dans le costume d’un Jim Gordon loin d’être dépassé. L’inspecteur de police se montrant très courageux et attendrissant par moment. Idem pour Michael Caine en Alfred Pennyworth. Son sang froid et sa bienveillance poussent son maître à garder les pieds sur terre. Quelle scène magnifique quand ils quittent, Bruce et lui, le repère de Batman tandis que les lumières s’éteignent derrière leurs pas. La voix du sage. Dans un autre registre, bien plus consultatif, Lucius Fox interprété par Morgan Freeman conseillera Bruce Wayne du mieux possible en lui donnant accès à des technologies bien plus avancées que par le passé. Si parfois, il a pu douter des intentions de l’homme chauve-souris, il gardera foi en lui jusqu’à la fin.

Concernant les deux nouveaux, pas grand-chose à dire sur Maggie Gyllenhaal. Son jeu est juste et elle sait faire passer de l’émotion sur les scènes les plus délicates. Elle représente l’amour et l’un des points faibles du personnage principal. Un amour impossible, car elle est courtisée et séduite par Harvey Dent.

C’est donc Aaron Eckhart (Harvey Dent) qui clôturera cette section. Représenté comme un pseudo Bruce Wayne de la politique (rien de négatif), il amène une réelle fraîcheur au film. Sa gueule est parfaite. Il ne faut pas oublier que son personnage doit tendre progressivement vers la folie avant qu’il ne sombre complètement du côté obscur. Son entrain et sa personnalité s’étiolent au fur et à mesure des péripéties. Une nouvelle fois, une grande interprétation.

Je n’oublie pas non plus les autres personnages qui sont globalement très bons.

Pour résumer, c’est parfait. Paraît-il qu’il y a trop de personnages. Il y en a beaucoup, c’est vrai. Mais ils s’emboîtent tous si parfaitement que la fin du puzzle n’en obtient que plus de valeur.

Bon, on attaque le second gros morceau : la réalisation.

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Christopher Nolan est réputé pour ses Twists finaux, sa capacité à faire réagir et réfléchir. On se souvient tous de Memento, Le Prestige, Inception, Interstellar… parmi tant d’autres… et bien ici, c’est différent ! Pas de fin surprenante, pas forcément besoin de se creuser la tête. Mais une puissance absolue tout au long du long-métrage.

Comme je l’ai toujours dit, pas de grands films sans une grande bande originale. De ce fait, rebonjour Hans Zimmer accompagné de James Newton Howard. Le thème du chevalier noir est sombre, percutant et stressant. Puissant également, et c’est l’une des plus grosses forces de ce film. Très peu de moments sont dépourvus de musique. Et quand c’est le cas, le travail de bruitage sonore est tout simplement magnifique.

Je crois n’avoir jamais autant ressenti de tension lorsqu’une note stridente et agressive, de plus en plus forte, est venue chatouiller et bousculer mes tympans. Quand tu vis le fait que le héros doit prendre une décision lourde de conséquences, en même temps que son ennemi juré met en exécution son plan machiavélique et que cette même note vient monter dans les aigus jusqu’au dénouement de la séquence. C’est génial, tout simplement.

Bravo Messieurs.

On attaque la réalisation avec un aperçu de la première scène du film. Celle-ci donne clairement le ton. Comme le premier couplet d’une symphonie.

Un gang de clowns braque une banque. Ceux-ci sont dirigés par un inconnu se faisant appeler : Joker. Les plans de la ville sont époustouflants (IMAX). La musique est enivrante et les événements sont assez dingues. On peut voir ici un aperçu de l’esprit totalement dérangé du criminel. Sûrement l’une des plus belles introductions de Blockbuster.

Nolan a pris le parti de créer un Batman qui sait se battre. Cela paraît inutile à dire, mais certains ne sont pas du même avis (tu vois de qui je parle DCU). Il a la classe et n’a jamais un mot de trop. En plus de cela, sa Batmobile Tank (plus communément appelée Trumbler) reste vraiment impressionnante. C’était osé de l’intégrer dans Batman Begins, et ça avait fait beaucoup parler à l’époque, mais c’était encore plus osé de la transformer en moto (Bat-Pod) avec de surcroît des roues qui tournent également de façon latérale. Pour l’anecdote, celle-ci ne fut conduite que par un seul cascadeur lors du tournage : Un Français. Personne d’autre ne fut capable de la dompter.

Un Batman qui a des gadgets c’est important. Alors oui, on peut chipoter sur le fait que ce soit encore faible, mais franchement ce n’est pas dérangeant.

Les effets spéciaux sont magnifiques. Un énorme camion qui se renverse complètement sous forme d’un improbable salto. Un hélicoptère joliment stoppé dans les airs. Des explosions de toutes beautés… rien à dire. Les maquillages sont très réussis. Certains sont même impressionnants.

Mais au-delà de tout ça, c’est le travail d’écriture qui est dantesque. À la fois drôle et sombre. Stressant et bienveillant. De l’action, des dilemmes, des répliques cultes… Ce qui m’a le plus ébloui c’est le fait d’enchevêtrer plusieurs scènes dans le même timelaps (simultanément). Avec un passage de l’un à l’autre de plus en plus rapide au rythme de la musique. Je prends pour exemple le moment où Harvey Dent est invité dans le manoir Wayne, tandis que Gordon se trouve avec le commissaire dans les locaux de la police et que la juge, chargée de présider le procès contre la mafia, les quitte. Scène se clôturant par l’arrivée du Joker en trouble-fête. C’est tellement prenant et génial !

Pour terminer sur cette partie, il faut noter que c’est le premier long-métrage dont une partie des scènes ont été filmées avec des caméras IMAX. Quatre séquences où vous verrez les pellicules s’élargir (vous remarquerez des bandes noires s’afficher sur les bords hauts et bas de votre écran). À savoir également que le thème du Chevalier Noir ne s’entend que deux fois au total, au début et à la fin. Deux thèmes spécifiques ont été dédiés au Joker (Zimmer) et Harvey Dent (Howard).

Pour terminer, l’un des co-créateurs du Joker a été consulté pour écrire la biographie du personnage pour le film. Certaines de ses paroles sont clairement inspirées du comic book “The Killing Joke”, l’un des plus sombres.

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, je vous invite vivement à le voir. Prenez votre soirée et profitez d’un thriller bourré d’action avec un scénario aux oignons. De mon côté, il est temps de me libérer du poids des mots… Nous nous retrouverons très vite pour une partie Spoiler. Merci à tous d’avoir lu ce premier gros pavé.


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