Résumer ce film revient à vous décrire l’histoire de l’humanité de A à Z. Donc je serais succinct (à la fin, vous me direz que non, mais après l’avoir vu, vous saurez que si).

La Terre va mal. Secouée par des vagues incessantes de poussière, une famine qui pointe le bout de son nez et un oxygène qui s’amenuit à chaque journée, Cooper doit quitter sa planète et sa famille afin d’explorer l’espace dans le but de trouver une nouvelle terre d’accueil.
Là où le temps et la gravité n’ont pas de limite. L’avenir de l’humanité est en jeu, pour les générations actuelles et à venir.

Ce long-métrage n’est pas accessible à tout le monde. Il est extrêmement exigeant et, lors des 2h49 de projection, retourne votre cerveau jusqu’à la limite du dysfonctionnement.
Prenez le temps de le voir, de le regarder, de le comprendre. Car toute l’essence de ce film se résume à une énorme toile tissée dont chaque fibre est importante.
Il faut avoir l’esprit ouvert, se détacher des frontières du réel. Ne vous laissez pas perturber par quoi que ce soit pour avoir accès à un ressenti maximal. Je pense bien que ce film est à voir dans une salle de cinéma.

Commençons par le casting. De base, j’apprécie beaucoup Matthew McConaughey. Il n’est pas cantonné à un style de rôle en particulier. Et dans ce film, il prouve une nouvelle fois qu’il s’adapte parfaitement à tout type de situation, tout type de personnage et sait faire passer les émotions adéquates au moment opportun. Assurément l’un des comédiens les plus sous-estimés du circuit hollywoodien.
Comme tout bon film de Nolan, nous avons le droit à une bonne petite tripoté d’acteurs fétiche qui ont fait leurs preuves depuis de nombreuses années (Anne Hathaway, Michael Caine…). Globalement, aucune fausse note. Même les enfants tiennent bien leur rôle et possèdent un jeu terriblement efficace.

Qui dit film de Christopher Nolan, dit grande bande originale. Hans Zimmer himself. Attendez-vous à tout un orchestre pour adoucir vos oreilles tout au long de cette aventure. Nous avons un thème très sobre, mais percutant qui saura sortir la petite pointe d’émotion au moment voulu. La mise en scène est magnifique.

Ce film peut se décomposer en trois parties bien distinctes :

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Nous commençons sur Terre avec un background soigné qui est ultra important pour la suite de ce chef d’oeuvre.

Cooper est un ancien pilote de navette spatiale, devenu agriculteur par la force des choses. Il prend soin et élève du mieux possible ses deux enfants, Tom et Murphy,   en compagnie de son beau-père. Sa femme étant décédée quelque temps plus tôt d’un cancer. Les premières minutes du film sont assez intenses. La relation entre le personnage principal et ses enfants est vraiment mise au premier plan. C’est un père aimant et protecteur qui fait en sorte qu’ils sachent se débrouiller par eux-mêmes. Il n’hésite pas à prendre leur défense quitte à se mettre sur le dos le corps enseignant. Notamment via la scène où il se fait reprocher de faire lire des livres sur la conquête de l’espace à sa fille alors que l’école fait en sorte de faire croire que toutes les découvertes passées étaient des impostures.

Petite enclave sur la réalisation, les plans de caméra lors de la course poursuite avec le drone et le thème de Zimmer sont parfaitement harmonisés et c’est génial. Ça donne des frissons, vraiment. D’ailleurs, ont pourra fréquemment voir Nolan changer de type de format d’image tout au long du film.

S’il y a bien un personnage secondaire de premier rang, c’est Murphy. Alors âgée de dix ans au début de l’intrigue, elle évoque un “ fantôme ” qui tenterait de lui faire passer un message. Franchement, si vous avez déjà vu le film, c’est vraiment lors du second visionnage que vous allez apprécier le mieux le début de l’histoire.

La suite? Sans rentrer dans les détails, Cooper est sollicité par le Professeur Brand pour conduire l’Endurance à travers un trou de ver positionné aux alentours de Saturne. Dans celui-ci, trois planètes ont été sélectionnées comme potentiellement habitables par l’homme. Le but de notre protagoniste sera de les explorer, d’y créer une colonie et de percer le secret de la gravitation pour pouvoir transporter les Terriens sur leur nouvelle terre d’accueil. Vous n’imaginez même pas à quel point c’est difficile de résumer avec des mots simples, et sans trop en dire, le pitch de ce long-métrage. Le choix de Cooper sera vite fait, s’il ne fait rien, la génération de sa fille sera la dernière à vivre sur Terre. Les adieux sont déchirants au possible. Une première heure intense, remplie d’émotions et super intéressante.

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En seconde partie, nous retrouvons notre héros dans l’espace. En compagnie d’Amélia, fille du professeur Brand, de deux astronautes et d’un robot à la voix d’Arnold Schwarzenegger (Il m’a bien fait rire).

Pour être honnête, l’intensité du film décline légèrement lors de cette seconde partie. Notamment avec de longs moments de silence et de creux. Je pense que Nolan a voulu faire souffler nos cerveaux vus le nombre de détails et d’informations saisies plus tôt. N’ayez pas peur, ces passages, très peu nombreux. Ils n’affecteront que les moins patients d’entre nous.

Mais, il y aura également de réelles scènes fortes. Notamment au niveau de la réalisation du trou de verre. Il est magnifique. On nous parle souvent de Gravity en terme d’effets spéciaux, mais Interstellar n’a pas grand-chose à lui envier. Et que dire des planètes visitées…

Pour revenir au scénario, et sans rentrer une nouvelle fois dans les détails, un événement majeur va faire en sorte qu’ils vont perdre un temps monstrueux sur l’une d’entre elles. À son retour dans le vaisseau, il se sera passé approximativement 23 ans en dehors de l’atmosphère de celle-ci. Une éternité, surtout qu’ils communiquent régulièrement avec leurs proches via des messages enregistrés. Seuls liens entre eux, navigateurs de l’extrême et leur planète d’origine. Ces enregistrements feront clairement office de fil rouge. Et ce, jusqu’au trois quarts du film.

Que ferait un père, voyant ses enfants grandir sans pouvoir, ne serait-ce qu’une fois, leur répondre? Je n’ai pas pu rester de marbre devant certaines scènes. Christopher Nolan est un génie. Parfois incompris, mais s’en est un.

La dernière partie mêle la déchéance de la Terre ainsi que la fin de la mission dans l’espace. Car oui, sur notre belle planète bleue, les conditions se détériorent d’année en année. Tom (Alors incarné par Casey Affleck), le fils de Cooper, est devenu père et vit toujours dans la maison de son enfance. Mais sa famille est en mauvaise santé à cause des tempêtes de sable devenues incessantes. Murphy, qui a bien grandi et qui en veut toujours à son père de les avoir abandonnés, tente de convaincre son frère de mettre à l’abri ses proches tout en ayant un rôle majeur sur la fin de l’intrigue.

Pendant ce temps, Cooper sait que le temps lui est compté et que chaque décision vaut son pesant d’or pour les peuples encore présents sur Terre et pour ses compagnons de fortunes. Cela fait accélérer le dénouement de l’histoire ainsi que sa puissance.
Le dernier tiers est vraiment prenant, bourré de tension. Entre trahison, émotions, excitation et réflexion.

Le final est grandiose. Bref, c’est excellentissime.

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En conclusion de cette critique, ce film est intense, prend aux tripes et fait réfléchir. Mais il faut prendre le temps et avoir l’environnement opportun pour le visionner. Quand je l’ai vu pour la première fois, il m’a fallu plusieurs jours pour m’en remettre. Ça paraît cliché, mais le dénouement est extrêmement complexe à première vue. Il fait vraiment réfléchir.

Alors oui, ce film a des défauts. Je ne peux pas vous garantir que vous allez l’aimer. La concentration qu’il demande est intense et compliquée à obtenir d’un spectateur non averti. Il vous fera réagir. Dire qu’il est long et ennuyeux comme j’ai pu l’entendre est un mensonge. Il a des temps faibles, mais ils sont faméliques.

Christopher Nolan est un réalisateur qui aime le grand spectacle et qui possède sa propre signature. Il nous montre ici qu’il a un talent monstrueux. Autant pour la réalisation que pour l’écriture. Il sait s’accompagner des meilleurs. Interstellar est sûrement l’un de ses meilleurs longs-métrages.

Je vous le conseille vivement. En espérant que j’ai pu vous donner l’envie d’avoir envie 😉

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