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Un chef d’œuvre romantique bercé par une réalisation du tonnerre et une magnifique bande originale.

 

Drive est l’histoire d’un mécanicien mystérieux, cascadeur à ses heures perdues, qui loue ses services de chauffeur, la nuit, pour des crimes organisés. Alors que son patron veut faire de lui un pilote de courses, il sympathise et se prend d’affection pour sa voisine Irène, mère d’un jeune Benicio qu’elle doit élever seule depuis que son mari a été incarcéré. Finalement, ce dernier sort de prison et redevient le père aimant qu’il était. Malgré tout, il doit une dette à l’homme de main d’un certain « Cook ». Sentant la famille en danger, le mécanicien décide d’offrir ses services afin d’éponger le passif.

Sauf que cela ne se passe pas comme prévu…


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Nicolas Winding Refn a fait du très grand travail.

Je vais commencer par le personnage principal.

Ryan Gosling est touchant dans son rôle. Celui d’un homme dont on ne connaît ni le nom, ni le passé et ni le futur. Un homme froid, impassible, calme et réfléchi. La première scène du film donne beaucoup d’éléments sur ce protagoniste qui ne laisse rien au hasard. Lors de cette première escapade nocturne, il est génial de voir comment le personnage se conduit. Cure-dent à la bouche, montre attachée au volant, radio allumée sur un programme loin d’être choisi au hasard. Un sang froid et une maîtrise parfaite de son véhicule. Sur son visage, seuls ses yeux bougent, aucune émotion. Il faudra attendre finalement qu’il fasse la rencontre avec sa voisine dont on pense qu’il tombe amoureux afin d’exprimer de la joie sous forme de légers sourires. Parfois même de la timidité. Il parle peu, chaque phrase, chaque mot est dosé. Même dans ses paroles il n’exprime aucun sentiment. Il parle avec ses yeux. Mais il semble avoir trouvé quelque chose qui le rend humain. Prendre soin d’une petite famille désunie. Malgré tout, cet homme a un côté sombre, symbolisé par son manteau blanc, orné d’un énorme scorpion brodé d’or. Il pourra, lors de ce film, être doux comme un agneau et sauvage comme une bête enragée. Cette violence sera pour la première fois matérialisée par un dialogue terrible dans un restaurant. N’assume-t-il pas sa part d’ombre ou veut-il l’ignorer ?

Carey Mulligan qui interprète Irène est parfaite. Ses expressions faciales sont criantes d’émotions. Les deux personnages se ressemblent sensiblement, car ils communiquent au regard sans forcément parler ni échanger. Son jeu est juste et donne plus d’ampleur aux réactions du personnage principal.

Bryan Cranston qui joue le patron du garage est également excellent, dommage pour sa version Française, mais bon, on a vu pire… Son rôle est génial, car nous avons l’impression d’avoir affaire un personnage véreux qui se trouve être une figure paternelle. Il est très protecteur avec son mécanicien et lui confère une confiance absolue. On sent de la bonté en lui même s’il reste maladroit.

Globalement, le casting est très bon, car les rôles secondaires sont également très bien écrits. Il ne faut pas oublier que cette histoire est tirée d’un roman de James Sallis.


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L’histoire est prenante, certes longue à mettre en place, mais tellement bien ficelée. On pourrait rapidement rentrer dans certains clichés notamment avec l’anticipation du comportement du mari lors de son retour au foyer familiale, mais même celui-ci est terriblement bien écrit. Rien n’est laissé au hasard et chaque événement à un tenant et un aboutissant. Les références sont intéressantes à étudier, notamment le lien entre le blouson et la fable du Scorpion et de la Grenouille que l’on ne perçoit pas au premier abord.

La fin est peut-être un cran en dessous, mais même là il y a de bonnes idées.

Concernant la réalisation, j’ai adoré. C’est subtil, doux, voluptueux.

Au début du film, l’ambiance sonore est très stressante, une musique rythmée étouffée qui prend de l’ampleur au fur et à mesure des événements. Le crissement de ses gants en cuir sur le volant. Les scènes d’actions et de courses automobiles sont parfaitement bien dirigées et filmées. La nuit, des plans très resserrés dans la voiture et des rues bordées de néons qui éclairent le visage du conducteur. Le jour, en compagnie de la voisine, des couleurs beaucoup plus chatoyantes, chaudes enveloppées d’une bande originale de haute volée. Des ralentis à couper le souffle mettant en évidence des éléments importants comme quand il va coucher l’enfant avec la caméra qui le suit de dos mettant clairement en avant son blouson symbolique. Comme dans l’ascenseur, qui est pour moi LA scène du film avec un jeu de lumière à couper le souffle.

Je pourrais citer des tonnes d’éléments. Mais, je ne voudrais pas gâcher votre intérêt pour ce film. Je boude mon plaisir de ne pouvoir m’épancher plus sur le sujet, mais la cause est bonne.

Rares sont les films qui allient à la perfection la réalisation, bande originale, scénario et jeu d’acteur. On en est très très proche dans ce chef d’œuvre.

Il faut le voir !


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